Planète végane d’Ophélie Véron

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un nouvel essai/guide pratique que j’ai lu au cours des dernières semaines et qui m’a quelque peu bousculée [pour l’instant, je tiens bien mon défi “non-fiction”, pas vrai ?]. Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que l’an dernier, la lecture d’Antispeciste, d’Aymeric Caron, était venue me conforter dans mon envie de supprimer la chair animale de mon alimentation et m’avait fait sauter le cap du végétarisme. Depuis lors, je continue à m’intéresser de plus en plus aux différents mouvements sociaux qui visent à supprimer les discriminations de toutes sortes, que ce soit envers les humains ou les animaux. Du coup, quand j’ai vu qu’Ophélie Véron (alias Antigone XXI) sortait Planète végane, je me suis précipitée en librairie pour l’acheter. Ma lecture fut assez lente mais absolument passionnante !

Résumé

Dans cet ouvrage extrêmement complet, Ophélie nous explique en long et en large ce qu’est le mouvement végane : de ses origines à sa mise en pratique au quotidien.

Le livre se divise en cinq grands chapitres qui sont :

  • Pourquoi Végane ? dans lequel l’autrice nous explique les origines du véganisme mais aussi les raisons pour lesquelles ce mouvement lui semble le plus juste pour le bien de la planète.
  • Devenir végane où elle nous explique comment opérer sa transition vers le véganisme et surtout, elle nous livre ses astuces pour rester végane sur le long terme.
  • Véganisme et santé, un chapitre dans lequel elle revient sur les bienfaits du véganisme sur la santé et les choses auxquelles il faut faire attention pour avoir une alimentation végétale équilibrée.
  • Au-delà de l’alimentation, qui est un chapitre dans lequel on s’intéresse aux autres pans du véganisme dans son refus de l’exploitation animale : comment se vêtir, quels produits d’hygiène et d’entretien utiliser, etc. Elle revient également sur la question d’avoir ou non des animaux de compagnie quand on est végane ainsi que sur les différentes formes d’exploitation animale dans les loisirs.
  • Véganisme et société, dans lequel nous apprenons comment vivre en tant que végane dans une société qui ne l’est pas : comment gérer les dîners en famille, entre amis ou au travail, comment vivre son véganisme en vacances, etc.

Voilà pour les grandes lignes qui composent cet ouvrage. Comme vous pouvez le voir, cela aborde vraiment la question sous toutes les coutures.

Ce que j’en ai pensé ?!

Vous l’avez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture ! Tout d’abord parce qu’elle m’a appris énormément de choses que ce soit sur le plan historique ou davantage éthique que sur un plan beaucoup plus pratique. C’est un travail vraiment fouillé qui nous est offert où sont reprises pas mal de listes pratiques pour nous aider à nous familiariser avec les produits véganes qui existent sur le marché. Ophélie nous cite les marques et les labels disponibles sur le marché dans diverses catégories de produits, nous explique quels sont les principaux aliments qui nous permettent d’avoir une alimentation végétale équilibrée et à quels besoins ils répondent, etc. Il y a également un grand nombre de références en fin d’ouvrage, que ce soit des livres, des documentaires ou des articles disponibles sur internet qui viennent compléter ses propos. De quoi ouvrir encore davantage nos horizons sur toutes ces questions. Tout cela invite véritablement à la réflexion.

Je ne vous l’ai pas encore dit mais Ophélie Véron est chercheuse et travaille notamment sur les mouvements sociaux. Cette casquette se ressent énormément dans son écriture : elle utilise des mots précis dans les explications qu’elle donne, elle propose beaucoup de références, elle argumente énormément ses propos. Cela donne un caractère sérieux à cette lecture qu’on ne trouve pas toujours dans les essais proposés par des éditions “grand public” et cela m’a beaucoup plu ! Pour autant, l’écriture d’Ophélie n’est absolument pas pédante ou compliquée : la lecture est fluide et parsemée d’expressions humoristiques que l’on retrouverait dans n’importe quelle discussion entre amis. En fait, ce livre vous donne l’impression de discuter avec une pote hyper cultivée et passionnante et c’est ce qui permet de ne pas s’ennuyer pendant la lecture. Parce que si tout y est intéressant, par moment, ça pourrait se révéler un peu ennuyeux, notamment les parties plus pratico-pratiques [comme celles sur l’alimentation ou sur les marques véganes] qui sont des informations qu’on ira facilement consulter quand on en a besoin mais qui sont moins agréables à lire de manière continue.

Toujours au niveau de l’écriture, cet ouvrage a la particularité d’avoir été écrit de manière inclusive [c’est-à-dire, en combinant toujours les formes masculines et féminines des mots], ce qui est rare et pour le moins interpellant au départ. C’est un concept qui me plait beaucoup au niveau du message et de l’idée qu’il renvoie mais je trouve qu’il complique quand même un peu la lecture. Rien d’insurmontable, je vous rassure, je pense que c’est surtout dû à un manque d’habitude ! Par contre, je ne sais pas si c’est parce que ma lecture de ce livre a été particulièrement attentive mais j’ai repéré encore pas mal de fautes [essentiellement des fautes de frappe ou des mots qu’on a oublié de supprimer], ce qui a un peu heurté ma sensibilité de romaniste rigide de l’orthographe [z’allez me dire, ya pas non plus de quoi en faire un fromage, des fautes j’en fais aussi…].

Personnellement, cet essai est venu remettre en cause certains des principes que j’avais faits miens au cours des derniers mois. Il m’a notamment ouvert les yeux sur l’incohérence d’arrêter de manger de la chair animale pour diminuer la souffrance des animaux tout en continuant à consommer des produits laitiers ou des œufs parce que ces industries sont extrêmement liées. Prenons l’exemple du lait : pour qu’une vache en produise, elle doit enfanter un veau. Veau qu’on lui arrachera après quelques jours, que l’on nourrira à partir de lait industriel composé de farines animales et que l’on mènera ensuite à l’abattoir [quelle vie de rêve !]. Pendant qu’elle est considérée comme productrice, la vache laitière est surexploitée [en gros, on la dope pour qu’elle produise beaucoup plus de lait que ce qu’elle n’en produirait naturellement] et une fois qu’on l’a bien vidée, on la mène également à l’abattoir. On produit beaucoup de souffrance pour mettre un peu de lait dans nos céréales du petit-déjeuner ou pour agrémenter nos pâtes d’un peu de fromage… Jusque-là je n’avais pas pleinement pris conscience [ou n’avait pas voulu prendre conscience] de ce fonctionnement. Maintenant que je sais ça, j’ai l’impression que mon engagement végétarien est vain [même si, et l’autrice insiste énormément là-dessus dans son livre, un petit pas en faveur du bien-être animal, c’est toujours mieux que rien du tout] et que je dois aller beaucoup plus loin si je veux rester cohérente avec mes principes. Je pense que ma transition va être longue mais inéluctable et, ce que j’aime dans cet ouvrage, c’est qu’Ophélie est pleine de bienveillance et d’empathie envers les non-véganes qui souhaitent changer leur mode de vie et ne cesse d’encourager, plutôt que de critiquer, les initiatives même les plus timides. Je pense également que, dans un premier temps, ma transition se fera de manière personnelle et se limitera à ma consommation “à la maison” ou au restaurant. Ma famille tente encore de prendre ses marques par rapport à mon végétarisme, je ne voudrais pas lui imposer trop de tracas [qui sait, j’arriverai peut-être à les convaincre par l’exemple, avec les années].

Ce qui me manque aujourd’hui, c’est de savoir, pratiquement, comment mettre tout cela en oeuvre. Planète végane donne les pistes théoriques pour vivre son véganisme mais ne contient pas de recettes en tant que telles. C’est maintenant cela qu’il faut que je recherche [en commençant par les blogs sympas qui en proposent] tout en prenant le temps de tâtonner pour voir comment je pourrais végétaliser durablement mon alimentation.

Vous l’aurez compris, je vous conseille vivement la lecture de cet ouvrage si les questions d’alimentation durable vous intéressent. Il ne s’agit en aucun cas d’un livre rébarbatif et frustrant qui vous imposera une manière de vivre en critiquant la vôtre mais d’une proposition bienveillante pour améliorer la vie de l’ensemble des êtres qui peuplent notre planète.

Ha, et au fait, si vous connaissez de bonnes adresses véganes [blogs ou restos], n’hésitez pas à partager ! 😉

Infos pratiques

  • Autrice : Ophélie Véron (son blog)
  • Titre : Planète végane
  • Edition : Marabout, 2017
  • Nombre de pages : 472 pages
  • Thèmes abordés : alimentation, écologie, vie pratique
  • Challenge : même si ce n’est pas un roman, ce livre peut parfaitement entrer dans mon challenge Pavé du mois de Bianca.

 

 

 

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