White Teeth de Zadie Smith
Lecture

White Teeth de Zadie Smith

Mon grand défi lecture de cet été 2020 a été de me lancer dans la lecture de White Teeth [Sourires de loup, en français] de Zadie Smith. Il s’agit du premier roman de cette autrice britannique, publié en 2000 et certainement pas le dernier que je lirai.

Résumé

Archie et Samad se sont rencontrés durant le 2e Guerre mondiale et sont liés par un événement qui a eu lieu en toute fin du conflit. Nous les retrouvons 30 ans plus tard alors qu’Archie hésite à mettre fin à ses jours après un divorce et que Samad peut enfin se marier avec celle qui lui a été promise à la naissance.

Nous suivons les péripéties de ces deux hommes et de leurs familles dans un quartier multiculturel de Londres et essayons de comprendre comment se tissent les liens entre différentes générations d’immigrés.

Ce que j’en ai pensé ?!

Les premières choses qui sautent à la figure lorsque l’on commence ce roman, c’est qu’il est extrêmement dense, plein de digressions et écrit avec une plume des plus caustique !

La narration à la 3e personne n’est pas linéaire. Dans chaque grande partie, nous suivons un des personnages principaux et remontons le fil de son arbre généalogique pour comprendre ce qui l’a mené là où il est arrivé au moment du récit. En parallèle, la trame principale du récit avance, nous emmenant de 1975 à 1993, environ.

Dans ce roman, Zadie Smith joue énormément avec les clichés qui touchent chacune des communautés représentées. Sa galerie de personnages est très diversifiée, que ce soit au niveau de leur culture, de leur religion, de leur couleur de peau ou de leur classe sociale. Ces rencontres parfois improbables permettent de mettre en lumière des préjugés qui touchent ces communautés diverses mais aussi de montrer comment elles peuvent cohabiter et trouver un équilibre. L’autrice aime aussi exacerber certains de ces clichés afin de mieux les démonter. Bien en avance sur son temps, elle décrit, par exemple, les mécanismes de la radicalisation [ici, islamique] de certains personnages et à quel point celle-ci désespère les musulmans de leur entourage. Elle montre également comment il est possible de sortir de l’aveuglement et de déconstruire des croyances pourtant ancrées dès le plus jeune âge.

Ce roman démontre surtout comment chacun⋅e construit son identité sur base de ses rapports avec sa famille, sa scolarité, ses ami⋅es : que deux personnes nées de mêmes parents peuvent évoluer de manières radicalement opposées. Elle met en avant les attentes que les parents peuvent avoir envers leurs enfants et la déception que peut leur causer les changements de cap. A travers les personnages adolescents, elle témoigne du malaise de ne pas correspondre aux standards, le besoin d’être accepté⋅e, de plaire. Bref, énormément de thématiques sont abordées dans ce roman.

  • “Archibald, are you concerned about my sons or my sperm ?”

  • “Sons”, said Archie. “Definitely sons”.

  • “Because there is rebellion in them, Archie. I can see it – it is small now but it is growing. I tell you, I don’t know what is happening to our children in this country. Everywhere you look it is the same. Last week, Zinat’s son was found smoking marijuana. Like a Jamaican!”

Ce que je lui reprocherais, majoritairement, ce sont les nombreuses digressions et circonvolutions qui finissent par nous faire perdre le fil du récit, à nous faire nous détacher des personnages principaux et, parfois, trouver le temps long.

Malgré la taille assez imposante de ce roman, j’ai eu du mal à m’attacher aux protagonistes. La seule qui m’ait réellement touchée est Irie, la fille d’Archie. D’ailleurs, on s’attarde assez peu sur les personnages féminins qui sont pourtant ceux qui m’intéressaient le plus, car ils étaient les plus piquants : la femme de Samad, Alsana, m’a fait tellement rire avec ses airs de dramaqueen bollywoodienne. On passe, à mon goût, beaucoup trop de temps sur le passé d’Archie et Samad alors qu’au final, cela pouvait être résumé bien plus rapidement sans que cela ne nuise à la compréhension du récit. Mais tout cela n’est que gouts personnels.

Black people are often friendly, tought Alsana, smiling at Clara, and adding this fact subconsciously to the short “pro” side of the pro and con list she had on the black girl. From every minority she disliked, Alsana liked to single one out one specimen for spiritual forgiveness.

White Teeth une lecture exigeante [du moins, elle l’a été pour moi, peut-être à cause de la langue ?! Si vous l’avez lu en français, dites-moi si vous avez eu la même impression], pleine d’humour caustique qui attire notre attention sur des sujets de société importants. Et pour un premier roman, c’est assez impressionnant !

J’aimerais beaucoup découvrir On Beauty [De la beauté], un autre roman de l’autrice qui a connu beaucoup de succès. Si vous avez déjà lu l’un de ses ouvrages, venez me dire ce que vous en avez pensé : je trouve que l’on parle assez peu de cette autrice dans la sphère littéraire francophone.

Infos pratiques

  • Titre : White Teeth
  • Autrice : Zadie Smith
  • Édition : Penguin Books, 2001
  • Nombre de pages : 560 pages
  • Genre : contemporain, saga familiale

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