Le diable tout le temps
Lecture

Le Diable, tout le temps de Donald Ray Pollock

Le Diable, tout le temps trainait dans ma PAL depuis de nombreuses années : je l’avais acheté après l’avoir vu passer dans Livrés à domicile [aujourd’hui Sous couverture] mais j’avais perdu toute envie de le lire. D’ailleurs, j’hésitais à la déposer dans la boite à livres du boulot lors de mon prochain élagage de bibliothèque quand je suis tombée sur l’avis plus qu’enthousiaste de Fanny à son sujet. J’étais sceptique mais j’ai décidé de lui offrir une dernière chance en le glissant dans ma PAL 2020

Résumé

Ce roman se déroule dans un coin reculé des USA où l’alcool, les drogues, l’excès de religion et la consanguinité semblent avoir fait des ravages sur la santé mentale des habitants.

On y rencontre Arvin, un gamin qui doit supporter un père violent un peu trop porté sur la bouteille et la religion ; un couple de tueurs avec une curieuse passion pour la photographie et les autostoppeurs ; un duo de prédicateurs aux talents incertains ou encore un pasteur un peu trop proche de ses ouailles féminines.

Tout ce petit monde va se croiser à un moment ou un autre de cette histoire et tout ne va pas vraiment se passer comme Dieu l’aurait souhaité…

Ce que j’en ai pensé ?!

Comme Fanny, je m’inquiète quelque peu pour l’équilibre psychique de l’auteur, d’autant plus qu’il est lui-même originaire du hameau dans lequel débute l’action.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce roman : il est noir, glauque, malsain, violent, tous les personnages dégoulinent de crasse [au propre, comme au figuré], … Bref, rien n’est agréable dans cette lecture !

Le seul protagoniste pour lequel mon cœur de lectrice a battu plus fort était celui d’Arvin. Son évolution est intéressante et on peut voir ce récit comme son parcours initiatique jusqu’à l’âge adulte [il est pas gâté, c’est le moins que l’on puisse dire]. J’ai trouvé qu’il était plus nuancé que les autres, avec des côtés attachants et d’autres plus sombres.

Avec Le Diable, tout le temps, je pense que l’auteur a voulu dénoncer l’hypocrisie qui règne dans certains milieux religieux. Il y montre comment certains représentants de la loi divine semblent plus proches de mériter l’Enfer que le Paradis.

Un jour pensa-t-il, s’il la gardait, il devrait lui apprendre à lire. Il avait récemment découvert qu’il pouvait durer deux fois plus longtemps si l’une de ses jeunes conquêtes lisait le Saint-Livre pendant qu’il la prenait par-derrière. Preston adorait la façon dont elles haletaient sur les textes sacrés, la façon dont elles commençaient à bafouiller, à arquer le dos et à lutter pour ne pas se tromper de ligne – car il pouvait se fâcher vraiment quand elles lisaient mal – juste avant que son “bâton” n’explose. Mais Cynthia ? Merde, une collégienne débile sortie du trou le plus paumé des Appalaches aurait lu mieux qu’elle.

Il nous montre tout ce que l’Amérique profonde peut avoir de plus sombre : l’ennui et le désœuvrement qui mènent à l’alcoolisme ou à la consommation de drogues, le racisme décomplexé ou encore la bigoterie poussée à son paroxysme.

J’ai bien aimé le côté thriller et road-movie d’une partie de l’action, la tension justement dosée qui te donne envie de voir comment tout cela va se terminer. J’ai aussi aimé le ton utilisé par l’auteur, qui contenait souvent une petite touche d’humour noir et d’ironie. Malheureusement, je n’ai pas été convaincue par le côté “too much pour être complètement crédibles” des personnages.

Ce fut donc une lecture en demi-teinte : j’avais envie d’en connaître le dénouement tout en ayant une sorte de nausée au bord des lèvres durant toute ma lecture.

Infos pratiques

  • Titre : Le Diable, tout le temps
  • Auteur : Donald Ray Pollock
  • Traducteur : Christophe Mercier
  • Édition : Le Livre de Poche, 2014
  • Nombre de pages : 405 pages
  • Genre : thriller

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