Antispéciste d’Aymeric Caron

Aujourd’hui, nous allons parler d’un livre qui sort quelque peu de ce que j’ai l’habitude de vous montrer par ici, puisqu’il s’agit d’un essai, celui d’Aymeric Caron, intitulé Antispéciste – Réconcilier l’humain, l’animal, la nature.

Aymeric Caron était venu présenter ce roman sur le plateau d’On n’est pas couché et il avait particulièrement attiré notre attention [oui, c’est un livre lu sur conseil de Xa, la logique s’inverse les amis !]. Léa Salamé avait alors demandé à son ancien camarade de jeu s’il s’agissait de son futur programme électoral et je comprends dorénavant pourquoi…

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Oui, Xa a enlevé le bandeau avec la tête de l’auteur, ça le perturbait dans sa lecture…

Résumé

Dans cet essai, Aymeric Caron va nous donner ce qu’est sa vision de l’antispécisme. Pour cela, il va évidemment s’appuyer sur les théories et l’historique existant mais, surtout, il part d’un constat simple : animaux humains, animaux non-humains, végétaux… tous ceux qui constituent la planète Terre depuis sa création ne sont en fait que les poussières propulsées par le Big-Bang et sont composés des mêmes atomes. Les avancées scientifiques ont également démontré que l’humain possède beaucoup plus de similitudes avec les autres espèces animales que ce qu’il voulait croire, jusqu’à présent. De plus, les animaux non-humains sont tous dotés d’une volonté de vivre égale à celle des humains ainsi que d’une sensibilité qui leur permet de ressentir des émotions et de ressentir la souffrance [qu’elle soit physique ou psychologique].

Dès lors, Aymeric Caron explique pourquoi il est temps, pour notre société, d’arrêter d’exploiter les autres espèces animales. Et cet arrêt de l’exploitation animale passe par une refonte complète de notre société.

Ceci est un résumé extrêmement simplifié du contenu de son essai : le mieux, pour le comprendre, c’est de le lire ! 😉

Ce que j’en ai pensé ?!

Alors, autant vous le dire de but en blanc : cet essai m’a véritablement bouleversée à de nombreuses reprises. Il va certainement avoir un impact sur mes actions futures : je ne sais pas encore à quel point, car je n’ai pas encore entièrement décanté ma lecture, mais une chose est sûre, il est impossible pour moi de le reposer simplement dans ma bibliothèque, comme si je n’avais rien lu.

La première chose que j’ai beaucoup aimée dans cet essai, c’est que sa lecture est extrêmement fluide. Le texte est très bien structuré et l’on a un peu l’impression que l’auteur est assis en face de nous et qu’on est en pleine discussion. Le vocabulaire est riche et précis, quand il se doit de l’être, mais le ton est aussi parfois emprunt d’humour et assez oralisé. Ce n’est donc pas plombant [du point du vue de la forme, on verra que certains sujets le sont davantage].

Aymeric Caron commence son “récit” en nous expliquant comment s’est formée la vie sur notre planète et en quoi, l’animal humain se rapproche fortement de l’animal non-humain [oui, nous sommes tous des animaux, n’en déplaise à certains]. Toute cette partie est hyper documentée et s’appuie sur des textes scientifiques [d’ailleurs, il nous propose une sacrée bibliographie dans laquelle aller piocher en fin d’ouvrage].

Une fois que cette filiation est bien expliquée, l’auteur nous décrit en quoi consiste la vie d’un animal d’élevage [c’est tout simplement horrible, mais ça je pense qu’on le sait tous déjà un peu] : que les choses soient claires, dans la logique de production qui est la nôtre actuellement, un animal d’élevage ne peut pas avoir une vie heureuse et une mort “digne”, ça ne correspond pas à la logique du marché. Si vous êtes toujours dubitatifs, je vous invite à aller voir les vidéos prises en caméras cachées dans les abattoirs et diffusées par l’association L214 [Perso, je suis incapable de les regarder jusqu’au bout].  Ces choses, je les avaient déjà lues dans Le Livre noir de l’agriculture d’Isabelle Saporta mais, ici, Aymeric Caron parvient à individualiser les animaux dont ils nous parle, ce qui rend la lecture des atrocités qu’ils subissent d’autant plus difficile à soutenir. J’avais déjà largement diminué ma consommation de viande… après ce livre, je ne vois pas comment je pourrais encore consommer un animal [j’en connais l’un ou l’autre que ça va faire jaser, mais il va falloir vous y faire, les amis…].

Une fois cette exploitation largement décrite, il nous explique pourquoi il faut qu’elle cesse et démontre point par point qu’il n’est pas nécessaire d’exploiter les animaux pour assurer notre survie [que ce soit pour notre alimentation ou pour nous vêtir] ou notre divertissement [cirques, corridas, etc.]. Son argumentation est d’une logique implacable et il est assez difficile de ne pas être d’accord avec lui.

Il continue ensuite son raisonnement en expliquant, avec un grand arsenal historique et philosophique ce qu’est le mouvement antispéciste : quelles en sont les ramifications, ce que chacune représente, etc. Cette partie est assez intéressante et démontre que rien n’est totalement arrêté pour l’instant et que la pensée antispéciste est toujours occupée à se construire. Il rappelle les ressemblances entre l’antispécisme et l’antiracisme ou encore avec les mouvements féministes. En effet, il rapproche fortement l’exploitation animale à l’esclavagisme. Je n’avais jamais réfléchi à la question sous cet ordre-là, mais force est de constater qu’il y a de nombreuses similitudes. Là encore, il donne de nombreuses références. Il nous remet également à notre place, nous humains blancs, intellectuels qui nous pensons supérieurs aux autres espèces mais aussi aux autres humains, moins lettrés ou plus “foncés”. C’est encore nécessaire, à l’heure actuelle, de remettre certaines pendules à l’heure. Petit extrait que ne va pas plaire à Marine et ses amis :

extrait_antispeciste

Une fois que la définition de son antispécisme est plus ou moins arrêtée, Aymeric Caron nous explique en quoi cette logique ne peut pas fonctionner dans la société actuelle, régie par une économie capitaliste qui ne jure que par le profit, la recherche de croissance constante et la surconsommation. C’est là qu’intervient sa pensée plus “politique” où il prône l’avènement d’une écologie essentielle, qui serait le résultat d’une politique verte, mondialisée.

Toute cette partie, relativement complexe, s’appuie elle aussi sur les travaux d’autres philosophes. Elle n’aborde plus uniquement la question de l’exploitation animale mais revoit l’entièreté de notre mode de fonctionnement que ce soit au niveau économique ou démographique. C’est un projet hautement ambitieux, quelque peu utopique mais il en est clairement conscient. J’avoue avoir été perdue à certains moments, notamment lorsque cela concernait les atermoiements politiques de la gauche et la droite françaises, n’étant pas suffisamment au courant de qui dit quoi.

Même si elles restent relativement théoriques, Aymeric Caron donne des pistes de solutions pour la mise en place de cette écologie essentielle. Il rappelle également que le changement [nécessaire, si l’on veut que la Terre perdure] ne se fera pas en quelques années mais qu’il doit être pensé maintenant et qu’il faut rapidement commencer à agir, de manière profonde, pas simplement en posant des rustines par-ci, par-là, pour plaire à l’électorat.

Si je devais reprocher une chose à cet essai, ce sont les répétitions [parfois mot pour mot] de certains passages. Peut-être l’ouvrage aurait-il dû être mieux relu, pour éviter cette impression de redite qui diminue l’impact de certaines réflexions.

Par contre, ce que j’ai aimé, réellement, c’est que cet ouvrage nous pousse loin dans notre réflexion, nous incite à agir [par la résistance et le boycott, notamment] et nous donne énormément de clés pour élargir notre horizon de réflexion. C’est un essai très riche, parfois désolant au regard de ce que l’Homme peut faire de pire dans sa quête du profit mais qui est tout de même porteur d’espoir. Je ne peux que vous conseiller cette lecture : elle nous vous transformera pas tous en antispécistes ou en véganes convaincus mais elle vous fera aborder le monde d’une autre façon.

Infos pratiques

  • Auteur : Aymeric Caron
  • Titre : Antispéciste – Réconcilier l’humain, l’animal, la nature
  • Editions : Don Quichotte, 2016
  • Nombre de pages : 471 pages
  • Genre : essai
  • Ma note : 19/20

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