Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2018 : sélection de juillet

Salut ! On voit que ce sont les vacances, je suis en avance pour vous présenter mon avis sur la sélection de juillet du Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Au menu de ce mois, un gentil thriller sur fond de Desperate Housewives, le récit de vie d’une grand-mère pas tout à fait comme les autres et une longue discussion entre amis, pleine de digressions.

Petits secrets, grands mensonges de Liane Moriarty

Résumé

Jane, 25 ans et maman célibataire, vient de s’installer dans une petite ville côtière proche de Sydney. Le jour de la présentation de l’école maternelle, elle fait la connaissance de Maddy et Céleste deux autres mamans ayant la quarantaine et des caractères bien différents. Très vite, Jane va se rendre compte que la maternelle est un endroit qui regorge de querelles et de vilains secrets [surtout chez les parents] au point qu’un jour, quelqu’un va en mourir…

Ce que j’en ai pensé ?!

Au premier abord, j’ai pensé que ce roman était un remake australien des Desperate Housewives : rivalités féminines, querelles idiotes, amours adultères, etc. Mais en creusant un peu, on découvre des personnages plus profonds qu’ils n’en n’ont l’air.

Ce roman aborde, notamment, la question de la violence conjugale et les mécanismes malsains qui se mettent en place dans un couple pour faire face à cette situation sans éveiller les soupçons de l’entourage, mais aussi les conséquences que cela peut avoir sur les enfants qui sont témoins de ce genre de faits.

L’autrice nous parle également des difficulté de communication qu’un parent peut rencontrer lorsque son enfant devient adolescent [je pense que certaines scènes doivent faire écho chez de nombreux parents… n’est-ce pas maman ?! ;)]. Bref, tout ce qui fait le sel d’une vie de famille.

Le tout est saupoudré d’un zeste de tension psychologique puisque dès les premières pages du roman, nous savons qu’il y a eu un mort à la fête de l’école mais nous de découvrons son identité que très tard dans l’intrigue.

J’ai trouvé cette lecture plaisante mais parfois un peu longue : les querelles de mamans m’ont semblé bien ridicules. Un bon roman pour l’été.

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Looping d’Alexia Stresi

Résumé

Noélie est née dans la campagne italienne, dans les années 1915, d’une mère analphabète et d’un père qui n’était que de passage. Elle grandit dans la ferme de ses grands-parents et son avenir semble déjà tout tracé… Jusqu’au retour de ce père qui semble soudainement se rappeler qu’il a charge de famille…

Ce que j’en ai pensé ?!

Ce roman nous présente l’histoire coloniale de l’Italie, plus particulièrement en Libye, histoire que je ne connaissais pas du tout. J’ai donc trouvé ce point de vue intéressant.

J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Camélia, la mère de Noélie, qui semble assez effacée à première vue mais réalise en fait beaucoup de choses pour permettre à sa fille d’être la plus heureuse possible. Cette complicité mère-fille est l’un des points forts du roman. Par contre, mes sentiments sont beaucoup plus mitigés en ce qui concerne Noélie : si j’ai adoré la jeune femme volontaire et pleine de panache, j’ai beaucoup de mal à adhérer aux choix qu’elle fait en fin de vie, quel gâchis ! Et j’avoue n’avoir du coup, pas bien compris ce que l’autrice tentait de nous faire passer comme message.

C’est un court roman qui se lit rapidement mais qui risque fort de s’oublier tout aussi vite.

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A la lumière de ce que nous savons de Zia Haider Rahman

Résumé

Londres, 2008 : le narrateur trouve son meilleur ami, Zafar, sur le pas de sa porte, l’air hagard et émacié. Ils ne s’étaient plus revus depuis plusieurs années. Tous deux d’origine sud-asiatique mais ayant grandi dans des milieux sociaux fort différents, se sont connus sur les bancs d’Oxford. L’un est devenu un ponte de la Goldman Sachs tandis que l’autre est avocat. Zafar lui raconte alors ce qu’il est advenu de lui durant ces années d’exil.

Ce que j’en ai pensé ?!

Ce roman doit être l’un des plus difficiles que j’ai lus ces dernières années : pas vraiment ce que j’appelle une lecture d’été, donc. Le narrateur part d’une théorie mathématique pour illustrer sa relation avec son ami ce qui, en soi, est assez obscur à mes yeux de littéraire allergique aux chiffres. Ensuite, le roman se présente à la fois comme un dialogue entre les deux personnages et comme le récit, par le narrateur, de ce dialogue. C’est aussi l’occasion de longs moments d’introspection pour le narrateur dont nous ne connaissons pas le nom [du moins, je n’ai pas l’impression qu’il soit mentionné tout au long de ces 800 pages].

L’auteur brouille volontairement les pistes : tout le récit se fait en “je” mais par moments, ce “je” est le narrateur et à d’autres moments, il s’agit du discours de Zafar mais aucun signe ne nous permet de voir que nous passons dans le dialogue. C’est souvent déroutant. D’ailleurs, après avoir été lire la biographie de l’auteur, je constate que ces deux personnages principaux ont beaucoup de points avec lui.

De plus, il ne cesse d’y avoir de longues digressions, que ce soit de la part de Zafar ou du narrateur, qui nous font perdre le fil du récit principal. Ces digressions prennent parfois la forme de notes de bas de page qui peuvent courir sur plusieurs pages… Il faut donc s’accrocher ! Et quel est le récit principal, finalement ? Je ne suis pas sûre de l’avoir entièrement saisi…

De ce que j’ai compris, c’est le portrait d’une amitié qui s’est construite sur de nombreux non-dits et qui révèle son lot de trahisons. C’est l’effondrement de deux hommes qui ont pourtant tout pour réussir leur vie : l’un à cause de la conjecture économique ; l’autre, à cause d’une relation amoureuse plutôt nocive.

Ce roman, c’est également l’occasion de dresser rapidement l’histoire de la naissance du Bangladesh en tant qu’Etat comme nous le connaissons aujourd’hui et de tisser les liens entre le Pakistan, l’Afghanistan et l’Amérique au moment de l’effondrement des tours jumelles et de l’entrée en guerre des USA. C’est aussi une critique du fonctionnement de Wall-Street et des grandes écoles occidentales.

Ma lecture de ce roman fut laborieuse ! J’ai l’impression que l’auteur a voulu mettre toutes les réflexions qui lui passent par la tête dans un seul et même ouvrage, sans que les liens entre toutes celles-ci ne soient toujours évidents. C’est dommage parce que ça lasse et cela nous fait sauter des pages, pour avancer, ne pas perdre ce que l’on croit être le fil de ce roman. C’est pourtant très joliment écrit : j’ai marqué plusieurs pages qui ont retenu mon attention, par la force des images qu’elles renvoient… Dès lors, je ne sais que penser de ce livre : en ai-je aimé la lecture ? Pas toujours. Est-ce que je le recommanderais ? Je ne crois pas…

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Cette sélection me permet de reprendre part au challenge de Bianca, puisque j’ai déjà lu deux jolis pavés ce mois-ci !

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