L’amie prodigieuse, tome 2 – Le nouveau nom d’Elena Ferrante

Il y a quelques mois, j’ai eu la bonne surprise de découvrir le tome 2 de cette saga dans la boite à livres du boulot [le Graal !]. J’ai un peu sauté dessus, il faut bien l’avouer… Et quelle meilleure période que l’été pour retrouver la chaleur suffocante de Naples ?!

Résumé

Le roman reprend juste après le mariage de Lila. En cette fin d’adolescence, le fossé se creuse encore davantage entre les deux amies : pendant que l’une profite de la liberté que lui offre son statut d’étudiante ; l’autre voit se refermer autour d’elle, le piège de la vie conjugale. Et ce ne sont pas leurs vacances à Ischia qui vont les rapprocher.

Ce que j’en ai pensé ?!

Je crois que l’on peut considérer que ce roman d’Elena Ferrante est féministe. En effet, il témoigne une nouvelle fois des difficultés que traversent les femmes dans cette société italienne des années 60 : la soumission au mari sous peine de menaces de la part de personnes extérieures au couple, la violence conjugale, l’obligation de fonder une famille et de s’occuper de l’éducation des enfants, la déliquescence physique, etc. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de compassion pour Lila quand elle se rend compte qu’une grossesse pourrait lui faire perdre son corps de jeune femme et qu’elle prend conscience que les mères autour d’elle ont l’air ravagées par la vie. C’est un passage terriblement touchant, dans lequel son angoisse transparaît nettement.

Dans ce quartier conservateur, les deux jeunes filles vont chercher à sortir de ces carcans, chacune à sa manière : Lila dans sa recherche de l’Amour et Lenu, dans la réussite académique. L’une comme l’autre, elles cherchent à être aimées pour ce qu’elles sont mais n’y parviennent pas toujours car elles sont trop différentes des personnes qui les entourent. Dans tous les cas, je trouve qu’elles font preuve d’une grande force de caractère. Lila, tout particulièrement, fait preuve d’une grande sensibilité face à la vie et est d’une intelligence étonnante. Elle paraît terriblement égoïste, par moments, mais j’imagine qu’il doit être extrêmement frustrant et humiliant de s’apercevoir que ses capacités ont été gâchées par le manque d’argent et qu’elle est passée à côté d’une vie de savoirs tellement plus épanouissante. Se trouver confrontée à son amie qui peut vivre son rêve ne doit pas toujours être évident.

Tout au long du roman, les relations hommes-femmes se révèlent assez malsaines car la société napolitaine est très misogyne et violente : cela donne envie de jeter un coup de pied dans la fourmilière et de castrer tous ces machos qui pensent pouvoir manipuler la vie et le corps de leurs femmes à leur guise. Malgré tout, elles peuvent aussi être le fruit de doux moments, notamment lorsque les filles rencontrent des hommes un peu plus ouverts d’esprit ou, simplement, plus sensibles.

Alors soyons francs, je n’ai pas tout aimé dans ce second tome : l’épisode des vacances traînait beaucoup trop en longueur et était assez répétitif, les filles avaient parfois le don de m’exaspérer par leurs disputes et petites querelles immatures… Mais j’ai été emportée par leurs aventures et j’ai vraiment hâte de découvrir comment leurs vies vont évoluer.

La politique et l’évolution économique ont également une place importante dans ce roman. C’est intéressant de voir comment l’Italie a évolué dans ces domaines et comment l’influence grandissante de la mafia s’est imposée dans les quartiers.

Vous suivez cette saga ? Qu’en pensez-vous ? 

Infos pratiques

  • Autrice : Elena Ferrante
  • Titre : Le nouveau nom
  • Edition : Folio, 2017
  • Nombre de pages : 620 pages
  • Genre : contemporain

 

 

 

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