L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante

L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante m’intriguait depuis déjà un bon moment lorsque ma collègue S. s’est mise en quête d’une bonne âme pour l’en débarrasser : je me suis bien évidemment portée volontaire ! Une histoire d’amitié dans un décor italien, il y avait de grandes chances que cela me plaise !

Amie prodigieuse Elena Ferrante

Résumé

Italie, aujourd’hui : Salvatore, le fils de Lila appelle Lenu car sa mère a disparu depuis plusieurs jours et qu’elle semble avoir supprimé toute trace de son existence sur Terre. Ce coup de fil replonge Lenu dans ses souvenirs, remontant jusqu’à la fin des années 50, dans ce quartier pauvre de Naples où elle a fait la connaissance de Lila. Au début, les deux fillettes ne s’aimaient pas, une sorte de rivalité les faisaient s’affronter en permanence. Puis peu à peu, à force de braver les dangers ensemble, elles sont devenues inséparables. Toutes deux brillantes à l’école, elles vont pourtant connaître une adolescence bien différente : les parents de Lila refusent de la scolariser après l’école primaire, elle doit aller travailler dans la cordonnerie de son père. Lenu, quant à elle, continue d’exceller au collège et au lycée, en espérant ainsi impressionner son amie de toujours. Mais elle s’inquiète, Lila ne va-t-elle pas disparaître de sa vie, maintenant qu’elles ont toutes deux des existences diamétralement opposées ?!

Ce que j’en ai pensé ?!

Ce roman d’Elena Ferrante, c’est une véritable ode à l’amitié avec ses joies, mais surtout avec ses travers et ses rivalités. Nous voyons évoluer la relation entre les deux amies : Lila et Lénu, d’abord enfants puis adolescentes. On découvre ce besoin de Lenu de toujours se comparer à son amie, de redouter de ne pas être à la hauteur de son amitié : au fil des années, on sent le malaise augmenter, celui d’une adolescente mal dans sa peau qui a l’impression que sa vie part en vrille alors que son amie semble réussir tout ce qu’elle entreprend.

On y découvre également une vie bien loin de la Dolce Vita à l’italienne que l’on a souvent tendance à s’imaginer quand on pense à l’Italie. Ici, nous plongeons dans un quartier napolitain après la guerre où les rivalités entre les différentes familles sont encore nombreuses même si elles sont pleines de non-dits. La violence y est omniprésente : il faut gagner un maximum d’argent pour asseoir son pouvoir, qu’importe comment on l’a obtenu. Difficile d’y grandir de manière saine quand on est une fille. C’est d’ailleurs l’une des choses qui m’a plu dans ce roman : Lila et Lenu vivent dans un milieu hostile, extrêmement patriarcal où l’éducation a encore assez peu de place face aux aléas du quotidiens. Elles doivent se battre pour apprendre et imposer leur idée de l’avenir à leurs familles. Chacune y parvient, à sa manière, avec les moyens qui sont à sa disposition.

C’est également un roman hyper féminin : on y évoque les premiers émois de l’adolescence mais aussi les craintes face aux changements imposés par la puberté. C’est au travers de Lenu que l’on sent davantage le mal-être typique de cette période.

A travers les différents personnages, on perçoit un portrait sans concession de la société italienne de l’époque : le rôle de la mafia dans la vie des quartiers, la lutte des classes, le développement économique et l’essor immobilier qui en découle et qui dévisage certains paysages, la pauvreté, etc. Ce roman m’a rappelé celui d’une autre autrice italienne, D’Acier de Silvia Avallone. On y retrouve cette même détresse des milieux populaires et les mêmes difficultés pour s’y épanouir en tant que jeune fille.

J’ai beaucoup aimé ce roman, même si sa prise en main m’a semblée difficile. J’ai hâte de connaître la suite des aventures de ces deux jeunes femmes fortes et extrêmement touchantes. Le second tome de cette saga napolitaine s’appelle Le nouveau nom.

Infos pratiques

  • Autrice : Elena Ferrante
  • Titre : L’amie prodigieuse
  • Edition : Folio, 2016
  • Nombre de pages : 448 pages
  • Thèmes : amitié, saga familiale
  • Ma note : 16/20

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