Couverture de Sauvagines
Lecture

Sauvagines de Gabrielle Filteau-Chiba

Alors que la neige recouvre le paysage bruxellois, c’est le moment idéal pour vous présenter une lecture de saison : Sauvagines de Gabrielle Filteau-Chiba.

Résumé

Raphaëlle, fraîchement quarantenaire, est agente de protection de la faune et des forêts, au Kamouraska. Elle y vit en ermite, dans sa roulotte rafistolée, en compagnie de Coyote, sa jeune chienne. Un jour, cette dernière disparaît. Ce que Raphaëlle découvre en partant à sa recherche lui fait froid dans le dos… Commence alors une nouvelle traque mais le prédateur n’est pas toujours celui qu’on croit.

Ce que j’en ai pensé ?!

Pourquoi a-t-on tant besoin de posséder la beauté ? Et si on la laissait vivre en paix dans l’espoir de la recroiser un jour ?

Trêve de suspens : j’ai adoré cette lecture ! Assez rapidement, le roman prend la forme d’un thriller dont on connaît l’identité des bourreaux et des victimes, reste à savoir qui finira dans quelle catégorie.

Ils ont tué. Ils ont aimé ça. Ils ont soif de recommencer et d’une bonne Bud. Le svelte chasseur-pourvoyeur d’autrefois est devenu dans une très vaste mesure un collectionneur bedonnant.

Dans ce roman, l’autrice nous propose de magnifiques pages de “nature writing”, décrivant les forêts québécoises avec énormément de poésie. Mais ces pages ne sont pas exemptes de revendications écologiques, mettant en garde les lecteurs et lectrices de ce qu’il adviendra de la “belle nature québécoise chère aux touristes !” si les autorités publiques ne mettent pas fin à l’exploitation sans limites des braconniers, gros propriétaires de ferme et autres gourmands qui ne pensent qu’à remplir leur compte en banque à court terme. C’est donc un roman résolument engagé contre l’exploitation animale mais aussi contre l’exploitation des femmes de la région. Car ces prédateurs ne se limitent pas qu’à un type de proies… Il dénonce aussi la complaisance des autorités voire la maltraitance que certains peuvent faire endurer à celles et ceux qui oseraient sortir du rang.

Je ferme les yeux pour savourer l’instant, la caresse du nordet. Un flocon virevolte, danse avec la lumière, suivi d’une tombée de douces particules cristallines. Je suis émue par tant de belle légèreté. La première neige mouille, délicate, le bout de mon nez rougi par le froid. L’hiver est là qui patiente, pas si loin du tout.

Sauvagines, c’est aussi un merveilleux roman qui parle de désir féminin et mêle amour charnel et reconnexion à la nature dans des pages d’une intense sensualité. Il y est question de plaisir des sens, du rôle du toucher et de la tendresse dans la naissance d’une relation, … C’est beau, infiniment doux et parfois excitant.

Je peux me cambrer, je peux m’extasier, je peux m’écarter comme un livre ouvert, comme sa bouche que je fouille de ma langue abrasive : elle me permet tout. Ça s’embrase en dedans, mon corps se raidit.

C’est aussi un roman qui parle de solitude : celle que l’on ressent quand on ne se sent pas en adéquation avec la société dans laquelle on évolue ; celle que l’on choisit pour se retrouver soi-même, …

Et pour celles et ceux qui avez déjà lu Encabanée, Sauvagines, c’est l’occasion de retrouver une vieille amie et de la découvrir sous un autre jour ! 😉

Je pense que je peux difficilement être plus claire : enroulez-vous dans un plaid, servez-vous une boisson chaude et plongez-vous dans ce merveilleux roman. Vous ne le regretterez pas !

Infos pratiques

  • Titre : Sauvagines
  • Autrice : Gabrielle Filteau-Chiba
  • Édition : Folio, 2023
  • Nombre de pages : 387 pages
  • Genre : contemporain, nature writing
  • Challenge : en sortir 24 en 2024

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