Le mythe de la virilité
Lecture

Le Mythe de la virilité d’Olivia Gazalé

Cela faisait longtemps que je ne vous avais plus présenté de non-fiction féministe par ici [et que je devais vous parler de cette lecture…]. Me revoici avec Le Mythe de la virilité, un piège pour les deux sexes d’Olivia Gazalé, un livre qui m’a fait sortir de mes gonds plusieurs fois [du moins, les comportements qu’il dénonce] et avec lequel je bassine les rares personnes avec lesquelles j’ai eu des contacts ces dernières semaines…

Résumé

Dans cet ouvrage, Olivia Gazalé nous raconte comment est né ce fameux mythe de la virilité, ce qu’il recouvre comme réalités et, surtout, les conséquences qu’il a eu [et a encore], tout au long de l’Histoire sur la vie des hommes et des femmes. Elle termine cet ouvrage en nous proposant des évolutions possibles pour en finir avec ce mythe qui n’apporte pas grand chose de bon à la société.

Ce que j’en ai pensé ?!

J’ai absolument adoré cette lecture qui a mis en lumière de nombreux phénomènes que j’avais pu observer mais dont je ne comprenais pas toujours l’origine ou les conséquences.

La première force de cet essai est sa construction : outre les traditionnelles introduction et conclusion, il se compose de six grandes parties, elles-mêmes divisées en plusieurs chapitres :

  • Au commencement était le féminin
  • La virilisation du monde
  • L’essentialisation de la femme : trinité vierge – mère – pute
  • La construction du mythe viril
  • Puissance et impuissance
  • La déconstruction du monde viril

Si dans les premiers chapitres, l’autrice suit une logique chronologique, celle-ci disparait ensuite pour se focaliser sur des ensembles de conséquences qui sont souvent interdépendantes. C’est très fluide, on a l’impression que chaque pièce s’imbrique l’une dans l’autre, que les chapitres se complètent et se répondent, bref qu’il y a un réel fil conducteur dans l’ensemble de l’ouvrage. Par contre, je ne sais pas si c’est parce que j’étais particulièrement fatiguée quand je l’ai commencé, mais j’ai trouvé que les deux premiers chapitres étaient peut-être plus ardus.

J’ai souvent souri [entre deux envies de meurtre] en lisant cet essai car Olivia Gazalé utilise un ton parfois teinté d’ironie qui ne laisse planer aucun doute sur ce qu’elle pense de toutes ces théories virilistes. Néanmoins, ce n’est pas un livre contre les hommes, comme certain·es pourraient le croire. La philosophe nous montre à quel point toute une partie de la communauté de sexe masculin n’entre pas dans les carcans de ce mythe de la virilité et à quel point ces hommes peuvent en souffrir, parfois aussi violemment que les femmes. Les chapitres concernant l’oppression de l’homosexualité à travers les époques sont absolument passionnants, tout autant que révoltants. Ils nous montrent également à quel point, les points de vue ont pu changer à travers les siècles ainsi que le poids important de la religion et de l’analyse du corps médical dans les discours sur l’homosexualité.

Un autre point fort de cet essai, c’est le nombre important de sources très variées sur lesquelles la philosophe s’appuie pour étayer son propos. Celles-ci peuvent à la fois être des travaux universitaires, des essais plus grand public ou des œuvres de fiction. Une manne dans laquelle aller puiser pour se faire sa propre opinion sur les sujets qu’elle développe.

J’ai aussi apprécier le fait qu’elle nous donne à lire l’ensemble des points de vue [ou, en tous cas, un très grand nombre] sur chaque sujet qu’elle aborde dans sa réflexion. Elle oppose ainsi différentes théories, parfois contradictoires, laissant aux lecteur·ices la responsabilité de se faire leur propre opinion. C’est assez flagrant dans les chapitres qui traitent la question du genre.

Bref, vous l’aurez compris, c’est un ouvrage très riche et très dense, qui nous ouvre de nouvelles pistes de réflexions pour réinventer les normes sociales qui gouvernent notre société et qui participent à la construction de notre identité. Je ne peux donc que vous conseiller de lire Le Mythe de la virilité d’Olivia Gazalé !

Personnellement, je compte le relire dans quelques mois car je suis bien consciente que je n’ai pas retenu le quart de ce qu’elle présente. Je pense que c’est le genre de livre dans lequel on peut aller se replonger au fur et à mesure qu’on s’éduque sur un sujet. En particulier, pour trouver des sources, se remettre en tête les principaux courant de pensées, etc.

Infos pratiques

  • Titre : Le Mythe de la virilité, un piège pour les deux sexes
  • Autrice : Olivia Gazalé
  • Édition : Pocket, Novembre 2019
  • Nombre de pages : 523 pages
  • Genre : essai, féminisme, philosophie

4 commentaires

    • Maghily

      Je pense oui que ça te plairait ! 🙂 Il faut juste être consciente qu’elle donne beaucoup d’exemples, de sources, qu’elle répète parfois des raisonnements pour qu’on voit bien les liens (c’est très universitaire comme démarche).

      Alors, Xa est occupé à le lire : il trouve le fond super intéressant, il comprend pourquoi je l’ai beaucoup aimé mais il trouve qu’elle ne va pas suffisamment droit au but, qu’il y a trop de d’illustrations tirées de la littérature, etc. Pour lui, c’est un poil trop fouillé (et donc long) mais il m’a dit avoir pas mal appris (et je crois que certaines parties sur ce qu’on faisait subir aux hommes pour les rendre virils l’ont bien marqué).

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