Les femmes aussi sont du voyage
Lecture,  Voyages

Les femmes aussi sont du voyage de Lucie Azema

Il y a de ces livres qui vous trouvent juste au bon moment… Les Femmes aussi sont du voyage, de Lucie Azema est de ceux-là. Cela faisait longtemps qu’il me faisait de l’œil et l’avis positif de Fanny n’avait fait que raviver mon intérêt pour lui. Alors, quand je l’ai vu qui m’appelait depuis les rayonnages de la merveilleuse Librairie à soi·e de Lyon, j’ai su que c’était SON moment.

Il existe une réelle difficulté à admettre qu’une femme puisse consentir, de manière pleine et entière, à sa solitude.

Résumé

Dans cet essai, Lucie Azema commence par nous raconter l’histoire du voyage et du récit de voyage, tel qu’il a été vécu et décrit par les hommes mais aussi, et surtout, par les femmes voyageuses.

Dans la seconde partie, intitulée “Être libre pour voyager”, elle appréhende davantage le sens que le voyage peut apporter à la vie des femmes, à l’heure actuelle, qu’elles soient seules ou faisant famille.

Ce que j’en ai pensé ?!

J’ai été complètement happée et séduite par cet essai qui se lit de manière très fluide malgré son nombre important d’extraits et de citations. Il est très documenté et nous permet de (re)découvrir un nombre impressionnant d’ouvrages et de témoignages portant sur la thématique du voyage. J’ai également été agréablement surprise de découvrir les nombreuses références à des livres que j’avais moi-même beaucoup aimés, dont l’indispensable Mythe de la virilité d’Olivia Gazalé.

Lucie Azema met en avant à quel point le voyage [et son récit] est avant tout le domaine de l’homme blanc hétérosexuel et met ainsi en exergue les difficultés auxquelles ont dû [ou doivent toujours] faire face les femmes et/ou les personnes racisées, ainsi que les hommes non-hétéros quand iels choisissent de se lancer dans l’aventure. Elle remet également en question le point de vue que les voyageurs ont pu poser sur les autochtones des pays qu’ils ont pu visiter : là encore, le regard féminin était moins “conquérant”, moins dominant, que celui des voyageurs.

Même si tout le volet historique m’a passionnée, je dois dire que c’est la seconde partie de l’ouvrage qui m’a le plus touchée.

Je me suis largement reconnue dans le chapitre qui s’attarde sur la flânerie, activité à laquelle je m’adonne très régulièrement. L’autrice nous rappelle qu’encore aujourd’hui, cette activité, pour une femme, peut-être mal considérée dans des villes pensées et construites par et pour des hommes.

Pour les femmes, le simple fait d’errer sans but dans les rues est déjà un acte de transgression…

Mais je pense que c’est le chapitre “S’appartenir” qui a résonné le plus fort en moi, alors que je revenais tout juste de mon premier voyage solo. Lucie Azema y développe l’idée qu’il est important d’être seule et de pouvoir jouir de cette solitude si souvent refusée aux femmes. Cela leur permet d’apprendre à se connaître, prendre confiance en leurs capacités. Elle fait également de nombreux parallèles entre littérature et voyage solitaire… Ce chapitre est un bonbon qui m’a fait me sentir comprise et légitime.

Grâce au voyage et à la solitude qu’il offre, les femmes se réapproprient non seulement le dehors, mais aussi le dedans, car il crée un aller-retour de l’un vers l’autre, et lie ces deux espaces jusqu’à les confondre et n’en former qu’un : le territoire intime de la voyageuse.

Vraiment, que vous soyez ou non une voyageuse aguerrie, je vous conseille de lire Les Femmes aussi sont  du voyage qui nous donne une piste supplémentaire pour reprendre la place qui nous est due, dans le monde. C’est un essai qui ouvre des perspectives et nous donne envie de déployer nos ailes…

Infos pratiques

  • Titre : Les Femmes aussi sont du voyage. L’émancipation par le départ
  • Autrice : Lucie Azema
  • Édition : Flammarion, 2021
  • Nombre de pages : 325 pages
  • Genre : essai

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