L'enfant perdue
Lecture

L’Amie prodigieuse, tome 4 – L’Enfant perdue

Durant mes vacances, j’ai lu L’Enfant perdue et j’ai enfin terminé cette saga commencée en 2016 [et cette fois, je n’ai pas tardé à lire le tome suivant]. Je suis contente de quitter Lena et Lila car je commençais à me lasser de leurs atermoiements.

Résumé

Dans L’Enfant perdue, nous suivons les deux amies de leurs 30 ans, environ, à leur septantaine : je dirais que la première moitié du roman s’intéresse à leurs 30-40 ans et puis le temps accélère pour couvrir les 20-30 ans suivants. Cette période coïncide avec la décision de Lena de revenir vivre à Naples avec ses deux filles.

Ce que j’en ai pensé ?!

L’Enfant perdue nous met face aux difficultés d’Elena pour concilier sa vie de mère avec celles de femme et d’autrice. Par son intermédiaire, Ferrante met en avant les dilemmes auxquels les femmes sont confrontées lorsqu’elles combinent à la fois maternité et carrière : les reproches frontaux ou insidieux concernant leur implication dans l’éducation des enfants, la charge mentale, la culpabilité ressentie à chaque fois qu’elles donnent priorité à leur travail, etc. Grâce aux personnages de Pietro et de Nino, elle montre également que cette pression subie par les mères n’est pas du tout subie par les pères car la société trouve normal qu’ils fassent passer leur carrière avant leur famille. Ferrante contrebalance ces modèles par des personnages de pères qui s’impliquent davantage et sortent du rôle-type imposé par la société patriarcale mais ils restent largement minoritaires et sont souvent moqués : le personnage d’Enzo est particulièrement intéressant à ce niveau, de même que la manière dont évolue Pietro. Bien sûr, j’ai été assez déçue par la manière dont Elena vit sa relation avec Nino, malgré sa relative clairvoyance par rapport à leur avenir commun. J’ai trouvé ces passages plus que longuets.

La famille occupe une grande place dans ce nouvel opus : que ce soit au niveau de la relation complexe qu’Elena entretient avec sa mère ou les tensions qui se nouent entre les différentes fratries présentes dans le roman. J’ai été assez touchée par les réflexions d’Elena au sujet de la maladie, du changement que celle-ci peut opérer dans les relations entre individus. Toute la question de la perte est particulièrement développée.

Avec le retour au quartier et l’entrée dans la maturité, la politique prend de plus en plus de place dans la vie d’Elena et Lila. Cela demande d’avoir une bonne connaissance de l’histoire politique italienne pour comprendre toutes les considérations amenées par l’autrice. Si ce n’est pas le cas [comme pour moi], on passe, sans doute, à côté de certains raisonnements. Néanmoins, ce n’est pas particulièrement dérangeant. Il y a toujours une dénonciation du rôle de la mafia, de ses liens avec la politique locale et de son rôle dans la destruction de nombreuses vies.

Ce dernier tome est dense, parfois lent et comporte son lot de drames. Encore une fois, mes sentiments à l’égard de Lila sont ambigus : elle me touche et m’horripile à la fois. Parfois, j’ai l’impression qu’Elena la voit comme un personnage plus complexe que ce qu’elle n’est réellement mais vu qu’on ne lit jamais son point de vue, c’est difficile de se faire une idée. Je suis finalement arrivée à la fin de ce périple napolitain avec plus de questions que de réponses et un certain sentiment d’inachevé.

Infos pratiques

  • Titre : L’Enfant perdue [L’amie prodigieuse #4]
  • Autrice : Elena Ferrante
  • Traductrice : Elsa Damien
  • Édition : Folio, 2019
  • Nombre de pages : 640 pages
  • Genre : littérature contemporaine, saga familiale

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce final ?

 

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