Lecture

La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

Et si je vous parlais de l’un de mes coups de coeur de l’année 2012 ?!

Couverture La Horde du Contrevent

La Horde du Contrevent est un roman de fantasy, genre que je connais assez peu, en définitive, faute de m’y être réellement intéressée. Pourtant, depuis que je me suis ouverte à ce pan de la littérature, j’ai fait de jolies découvertes !

L’une de mes camarades de promo avait décidé de réaliser son mémoire de fin d’études sur ce roman (ne me demandez pas sur quoi, exactement, je n’en sais absolument rien). J’avais été assez étonnée à l’époque qu’on lui accepte un tel sujet. Pourquoi ? Parce qu’il est assez rare de voir un mémoire qui ne se penche que sur un seul roman, d’autant plus rare sur de la fantasy (préjugé idiot inside). Du coup, ma curiosité avait été piquée et je l’avais inscrit sur ma (trop longue) liste de livres à lire.

L’an dernier, après avoir déniché ce petit pavé (700 pages) à la Foire du livre, je m’étais enfin décidée à me plonger dedans. Et là, …. La claque ! Alain Damasio recrée un monde qui tire son origine du vent. Dans ce monde, des espèces d’aventuriers (les hordiers) sont formés dès leur plus jeune âge pour partir de l’Aval et rejoindre l’Extrême – Amont (lieu d’où naîtrait le vent). A chaque génération, 23 enfants sont choisis pour constituer une horde et dès leur entrainement achevé, ils partent à la conquête de l’Amont. C’est la quête de toute leur vie : aucune horde n’est encore parvenue à rejoindre l’Amont. Dans ce roman, nous suivons la trente-quatrième horde, la plus rapide de tous les temps, celle dont on dit qu’elle va enfin parvenir à rejoindre l’Extrême-Amont.

La prouesse de Damasio provient de différents éléments. Je vais vous donner les principaux, pour les autres, vous les découvrirez vous-même si vous vous décidez à lire ce petit bijou ! Tout d’abord, il s’agit d’un roman polyphonique où chaque hordier à voix au chapitre. Pour chacun, le romancier a développé un caractère qui lui est propre et qui transparaît dans le style d’écriture et dans le vocabulaire utilisés. Une fois qu’on s’est imprégné des personnages, on peut même les reconnaître sans avoir à chercher leur identité en début de paragraphe. Ensuite, Damasio a élaboré tout un vocabulaire spécifique à ce nouveau monde et à la quête : la “contre”, les noms des positions des hordiers, leurs outils, etc. Enfin, l’auteur joue avec la typographie, que ce soit pour identifier les personnages, pour illustrer leurs positions dans la horde lorsqu’ils doivent lutter contre une offensive venteuse ou simplement pour décrire les mouvements du vent et son intensité. De tous ces éléments, se dégage une véritable poésie qui m’a séduite !

Evidemment, tout cela engendre le seul défaut que j’ai pu trouver à ce roman : sa complexité. Ce n’est pas un roman qu’on lit dans le métro, entre deux stations. Il vaut mieux le lire confortablement installé, au calme, pour mieux s’imprégner de cet univers.

La Horde du Contrevent fut donc l’un de mes gros coups de coeur de l’année 2012 et m’a fait complètement revoir ma copie concernant la fantasy (comme quoi, faut tester un minimum avant de juger). Depuis, je le conseille à tous mes amis lecteurs qui n’ont pas peur de se lancer dans des ouvrages un peu plus complexes. Donc, si c’est votre cas et que vous ne l’avez pas lu, foncez ! 

Ma note :

love5

 

 

Pour m’aider à vous convaincre, sachez que ce roman à reçu le Prix de l’Imaginaire en 2006 (catégorie roman francophone).

 

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