Culture

Bilan culturel – Juin 2024

En juin, je vous propose un bilan culturel un peu plus light que d’habitude en raison de ma petite échappée à l’italienne [dont il faudrait que je vous parle à l’occasion].

Rencontres

Invisibles au Jacques Franck

Invisibles

On a commencé juin entre meufs, au Jacques Franck pour une conférence entre Rokhaya Diallo et Apolline Vranken, consacrée à l’invisibilisation des femmes [et plus globalement, des minorités] dans le domaine culturel.

La discussion fut très enrichissante : les deux intervenantes étaient brillantes [mais personne dans la salle n’en aurait douté] et ont apporté deux points de vue tout à fait complémentaires. Elles ont notamment parlé des conséquences de cette invisibilisation que ce soit sur la vie de la personne invisibilisée ou sur les personnes qui pourraient s’identifier à elle. Elles ont donné des pistes pour redonner de la visibilité aux minorités. Et surtout, elles ont eu une réflexion particulièrement déculpabilisante sur l’importance de marier colère et joie dans son activité militante car ces deux sentiments sont des moteurs qui viennent redonner de la force, à différents moments de la lutte.

Les débats ont été riches avec le public et on aurait franchement pu les écouter discuter pendant au moins deux heures ! Rokhaya revient le dimanche 14 juillet à La Semo, c’est l’occasion d’aller l’écouter.

Wendy Delorme chez Tulitu

Et j’ai terminé le mois de juin avec mon acolyte de soirées littéraires préférée en allant écouter Wendy Delorme qui venait nous présenter son nouveau roman, Le chant de la rivière, publié chez Cambourakis [Fanny l’a déjà lu et elle vous en parle ici]. Quel plaisir, encore une fois, d’écouter des passionnées parler de littérature ! C’était d’autant plus riche, ici, qu’Ariane et Wendy commencent à bien se connaître et ont pas mal de références en commun ou d’idées de bouquins à présenter à l’autre. Donc oui, la rencontre servait à papoter au sujet du roman [un peu] mais aussi de sujets annexes à celui-ci.

Il a notamment été longuement question de la montée de l’extrême droite [actualité oblige] et du tour beaucoup plus politique qu’initialement prévu qu’a pris le roman. En effet, celui-ci raconte l’histoire croisée d’une femme et d’une rivière. La femme vit dans une maison de montagne, dans les Alpes italiennes et s’apprête à accueillir un enfant, conçu par PMA. La rivière, quant à elle, passe sous la maison et souhaite lui murmurer l’histoire d’un amour lesbien. Rien de bien révolutionnaire aux yeux de Wendy Delorme quand elle a commencé à l’écrire mais avec ce résumé, on comprend vite à quel point l’histoire du roman entre en résonance avec l’actualité récente. Bref, c’était génial ! Maintenant j’ai un livre de plus dans ma liste de souhaits [enfin, plusieurs, si on ajoute toutes leurs références :D]!

Conférences gesticulées

Bonbons et barricades chez Mazette

Photo reprise de : https://conferences-gesticulees.be/?page_id=1731

Depuis que j’ai vu cette conférence, je saoule absolument tout le monde au boulot pour qu’on la propose à nos étudiant⸱es et à nos collègues [pardon les collègues]. Mais qu’est-ce qu’elle raconte ?

Le point de départ, c’est que nous accompagnons deux activistes dans une action de désobéissance civile pour bloquer une usine Total. Alors, initialement, j’imaginais que le sujet de la désobéissance civile allait être plus largement abordé mais il sert surtout de prétexte, de mise en contexte, pour le développement de la conférence. On y parle assez peu de comment ça fonctionne, exactement.

Ce qu’on va surtout apprendre dans cette conférence, ce sont les restrictions que nous devons nous imposer concernant l’exploitation des richesses [combien de temps pourrons-nous encore extraire des énergies fossiles, …], les enjeux et limites en matière de décroissance [en gros, on est plus qu’à la traine], ce que sont les limites planétaires et les risques encourus si on les dépasse [spoiler : on est déjà très mal embarqués], quelles actions nous devons mener pour que la planète reste viable pour l’ensemble de l’humanité [et pas seulement les riches], … Le tout est expliqué avec humour et pédagogie par Cécile Rénier et Ol Vermeulen, chercheuse et activistes : en même temps, un ingénieur qui t’explique ces concepts en te balançant des bonbons et en jouant avec des diabolos, plutôt qu’en te présentant des graphiques criblés de lignes rouges, c’est nettement plus sexy !

Le public est ensuite amené à discuter en petits groupes sur des questions soulevées par la conférence, puis invité à mettre ses réponses en commun. Pour être honnête, à ce moment-là de la conférence, je restais clairement sur ma faim : si ce n’est le détail des chiffres, que je ne retiens jamais, je n’avais pas appris grand chose de plus que ce que je savais déjà. Donc certes, ça venait renforcer mes convictions [et mon désespoir] mais c’était pas tout à fait le but recherché…

Puis, la conférence se termine par la présentation de 4 axes sur lesquels les gesticuleureuses nous proposent de travailler, en tant que société, pour rendre l’avenir plus viable pour tout le monde :

  • Le développement d’une économie solidaire et circulaire
  • L’instauration de la démocratie participative
  • Le fait de recréer des entités paysannes autonomes, au niveau des villes et villages avec des institutions culturelles, médicales et éducatives propres.
  • Ma mémoire défaillante a oublié le 4e point (qui était le premier d’ailleurs, chronologiquement)

Tout cela m’a donné des idées de pistes auxquelles réfléchir pour m’engager davantage et cela a fait écho à ma lecture de Contre les élections de David van Reybrouck.

J’en ai débriefé ensuite avec mon compagnon de conférence [qui était tout à fait consentant pour s’infliger une conférence de wokiste, je vous rassure]. Il était plus mitigé que moi sur les 4 points finaux : notamment parce qu’il est nettement plus calé que moi en économie. Il va donc falloir que je creuse un peu plus avant de me faire un avis définitif sur leurs suggestions mais je suis ressortie de cette conférence reboostée et avec l’envie d’agir à mon petit niveau donc on peut dire que le but était atteint !

Et si je vous ai donné envie d’y jeter un œil, voici la page sur laquelle vous pouvez retrouver toutes les ressources utilisées pour écrire la conférence mais aussi la liste d’associations/collectifs où vous engager.

Podcasts

En juin, j’ai découvert avec grand plaisir, Amour Jungle, le nouveau podcast de “courriers du cœur” de Ben Mazué. Avec un invité, le chanteur lit des lettres qu’il a reçues après un appel à contribution sur ses réseaux sociaux et répond aux questions qui y sont posées. Vous connaissez ma double obsession pour Ben Mazué et l’Amour… ça ne pouvait que me plaire !

Et j’ai écouté le premier épisode de Bookmakers consacré à Laura Vazquez, une poétesse française contemporaine dont j’aime beaucoup suivre le travail.

Ha, et nettement moins rigolo mais absolument nécessaire : j’ai aussi écouté l’excellent épisode du Tournant, d’Arnaud Ruyssen, sur la montée du Rassemblement national en France. C’est glaçant.

Et vous, qu’est-ce que vous avez découvert de sympa en juin ?

Un commentaire

Si vous souhaitez me laisser un petit mot...