Retour sur le Non Fiction November 2018

Je vous avais annoncé fin octobre que je me lançais dans ce challenge organisé par AbookOlive : pour le valider, il suffisait de terminer une lecture appartenant au genre de la “non fiction” (essai, document, biographie, etc.) durant le mois de novembre. Jusque là, on peut dire que j’ai gagné ! 😉 Par contre, j’avais été un poil plus ambitieuse en me fixant l’objectif de lire 3 ouvrages durant ce mois :

  • Écriture. Mémoires d’un métier de Stephen King
  • Why I’m no longer talking to white people about race de Reni Eddo-Lodge
  • La politique sexuelle de la viande de Carol J. Adams

Soyons franc, c’était un peu ambitieux compte tenu de mon rythme de lecture actuel ! Finalement, en novembre, je n’ai lu qu’Écriture et environ les trois-quarts du Reni Eddo-Lodge, que j’ai terminé jeudi soir.

Écriture. Mémoires d’un métier

J’attendais beaucoup de cet essai suite aux très bons avis de plusieurs lectrices sur Youtube qui sont également autrices. Finalement, j’ai trouvé que ce livre nous en apprend moins sur le métier d’écrivain et l’écriture que sur les déboires personnels de l’auteur [d’ailleurs, cet essai égratigne pas mal son image]. Son point fort ?! Je dirais que c’est sa fluidité car il se lit presque aussi facilement qu’un roman, notamment tous les passages autobiographiques. Par contre, l’auteur avoue durant l’écriture qu’il a pas mal peiné pour arriver au bout de cet essai et ça se voit ! En effet, il y a quand même pas mal de passages qui m’ont semblé assez répétitifs. C’était sympa à lire comme ça, mais je ne vais pas le conserver.

Why I’m no longer talking to white people about race

Je suis montée d’un cran dans la complexité avec cet ouvrage. A la base, le sujet avait inspiré à son autrice un article de blog, du même titre, qui avait pas mal suscité la polémique. Ici, Reni Eddo-Lodge nous explique en quoi le racisme est un problème structurel dans nos sociétés majoritairement blanches [elle parle de la Grand-Bretagne mais de nombreuses choses peuvent être transposées en Belgique ou en France] et qu’il provient, majoritairement, d’une peur qu’auraient les blancs de devenir minoritaires dans les pays qui les ont vu naître. Elle met en avant toutes les injustices auxquelles doivent faire face les personnes de couleur dans nos sociétés : certaines sont facilement compréhensibles comme les violences racistes qu’on s’imagine très bien, pour en avoir vu de nombreux exemples dans la vie ou aux journaux télévisés ; d’autres sont moins facilement appréhendables pour nous, blancs, habitués à vivre dans un monde façonné à notre image.

Cette lecture peut nous déranger, à certains moments, car elle nous renvoie à nos responsabilités, même quand on s’estime ouvert d’esprit et profondément anti-raciste. Car nous participons tous, volontairement ou non, au maintien de ce racisme structurel. Comment ? Par exemple, en ne nous étonnant pas spécialement de voir des séries ou des romans dont les acteurs/personnages ne sont pas représentatifs de notre société.

Pour mieux faire comprendre son point de vue, l’autrice aborde d’autres problèmes sociétaux qui touchent des minorités afin d’illustrer ce que peuvent ressentir des personnes non-blanches dans nos sociétés. Elle met également en évidence le fait que le racisme peut se retrouver dans des mouvements qui défendent pourtant les droits humains, comme dans les mouvements féministes qu’elle a pu fréquenter jusqu’à présent. Ce racisme a justifié l’apparition de l’afro-féminisme, d’après elle. Sur ce point, je trouve que cet essai est un complément actuel au livre de bell hooks, Ne suis-je pas une femme ?!

Elle montre aussi que le racisme est une réponse facile aux enjeux sociétaux qui demanderaient un changement profond de nos sociétés : par exemple, lorsqu’il est question de pauvreté, il est plus facile de repousser la responsabilité sur les “étrangers” qui s’installent et prennent le pain des blancs, plutôt que de réfléchir à des solutions structurelles pour endiguer la pauvreté.

Je suis contente de m’être penchée sur cette lecture même si elle m’a pas mal bousculée ! Faut bien avouer que je n’appréciais pas trop de me retrouver mise dans le même sac que les personnes ouvertement racistes. mais, je peux comprendre son point de vue et j’aimerais trouver d’autres ouvrages du même genre pour confronter les opinions. Si vous en connaissez, j’attends vos conseils ! 🙂

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Et voilà, c’est tout pour ce bilan du Non Fiction November 2018 ! Écrire cet article m’a donné envie de me plonger dans le troisième essai que j’avais mis sur ma liste et qui, pour le moment est on ne peut plus passionnant ! Et vous, quels essais avez-vous lus pendant ce mois de novembre ?

 

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