La Part des flammes de Gaëlle Nohant

La Part des flammes de Gaëlle Nohant, je l’ai découvert grâce à la vidéo de Lemon June [comme beaucoup] où elle en parle avec un tel enthousiasme que c’est impossible de ne pas l’ajouter aussi vite dans sa wish-list ! Je l’ai trouvé quelques semaines plus tard chez Pêle-Mêle, à croire qu’il m’attendait…

Résumé

Paris, printemps 1897. Les Dames de la Haute Société s’activent pour préparer LA vente de charité qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte, celle du Bon Marché. Dans ce roman, on suit tout d’abord Violaine, une jeune veuve d’une trentaine d’années qui n’arrive pas à s’intégrer auprès de ces Dames, trop occupées à médire sur ce qui lui serait arrivé dans son adolescence. Alors qu’elle cherche à s’investir dans les Bonnes Œuvres, Violaine fait la connaissance de la Duchesse d’Alençon, qui décide de la prendre sous son aile. La Duchesse a également une autre protégée, Constance, une jeune fille de 20 ans, en conflit avec ses parents parce qu’elle a choisi de rompre ses fiançailles.

Toutes trois tiennent le comptoir de la Duchesse au moment où un terrible incendie se déclare sur le Bon Marché. Le lieu est totalement détruit : il y a des dizaines de morts et de blessés, principalement des femmes et des enfants. C’est un terrible coup dont la Bonne Société va avoir beaucoup de mal à se remettre. Mais c’est aussi l’occasion, pour certains, de prendre un nouveau départ…

Ce que j’en ai pensé ?!

Cette lecture m’a complètement happée ! Cela m’a fait un bien fou après la difficile lecture de Marina Bellezza. Pourtant, je ne l’aurais pas juré, à la lecture du résumé…

La première prouesse de Gaëlle Nohant est de nous proposer une lecture totalement immersive, à la fois empreinte d’un style d’époque et d’une écriture extrêmement moderne. C’est très fluide, malgré un vocabulaire qui pourrait nous sembler parfois désuet.

Ce que j’ai ensuite beaucoup aimé, c’est le traitement qu’elle fait des personnages. Aucun n’est totalement blanc ou noir, chacun possède cette petite part secrète qui vient nous étonner et nous empêche de les trouver trop lisses ou caricaturaux [prenons la vilaine Comtesse de Fontenilles, qui semble être un monstre d’égoïsme et de vanité : elle est en réalité broyée par la culpabilité depuis des années].

Les héroïnes principales sont intéressantes parce qu’elles luttent contre les conventions et l’ordre établi pour tenter de prendre leur vie en main. Leur évolution est surtout marquante après l’incendie, lorsqu’elles doivent composer avec de nouvelles contraintes.  Elles sont confrontée au deuil mais aussi à la souffrance, que ce soit la leur ou celle des autres victimes. Cette douleur n’est d’ailleurs pas que physique et réveille de vieux troubles qui pourraient avoir de grandes conséquences sur leur avenir.

Dans ce roman, Gaëlle Nohant fait preuve de beaucoup d’ironie et, à travers ses personnages, dénonce l’hypocrisie du paraître qui gangrenait la Haute Société parisienne, pas encore tout à fait consciente de la perte de ses privilèges. Il y est question de rivalités personnelles mais aussi d’homosexualité et de conformisme.

Les journalistes de l’époque sont également épinglés dans leur traitement de l’incendie et des journées qui l’ont suivi : visiblement, ils avaient déjà la recette miracle pour faire grimper les ventes au détriment des victimes et du respect de leur vie privée.

C’est un récit vraiment passionnant que je ne peux que recommander aux amateurs de littérature historique !

Infos pratiques

  • Autrice : Gaëlle Nohant
  • Titre : La Part des flammes
  • Edition : Le Livre de poche, 2016
  • Nombre de pages : 545 pages
  • Genre : historique
  • Ma note : 18/20
  • Challenge : avec ses 545 pages, ce roman peut compter comme Pavé du mois, chez Bianca.

 

 

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