Au fer rouge de Marin Ledun

Aujourd’hui, retrouvons Marin Ledun avec Au fer rouge. J’avais adoré le précédent roman de cet auteur, L’Homme qui a vu l’homme, une enquête journalistique sur la guerre sale entre l’ETA et les brigades antiterroristes basques. Avec ce nouvel opus, Marin Ledun reste dans le même thème mais plonge encore plus profondément dans le monde noir de la corruption policière.

Au fer rouge_MarinLedun

Sur une plage non loin de Bayonne, un homme est retrouvé mort noyé, au fond d’une valise. Rapidement, il est identifié : il s’agit de Domingo Augusti, un trafiquant de drogue bien connu des autorités. Dans cette affaire, le plus délicat, c’est que la dernière fois que l’inspecteur Simon Garnier l’a vu, en vie, il se faisait justement interroger par LE monsieur lutte antiterrorisme, le lieutenant espagnol Javier Cruz. Que s’est-il passé au cours des heures qui ont suivi ? Garnier ne le devine que trop bien. Chargé de l’enquête, il est assisté par une nouvelle recrue, Emma Lefebvre, obsédée par la lutte contre l’ETA et bien décidée à faire ses preuves. Comment contenir Emma sans se faire repérer ? Quelles sont les nouvelles lubies de Cruz et surtout, pourquoi cette implication avec le milieu de la drogue ? Autant de questions auxquelles Garnier tente de répondre, tout en essayant de rester en vie. 

Dans ce roman, nous découvrons plus en détail le personnage de Javier Cruz, déjà entre-aperçu dans L‘Homme qui a vu l’homme. Celui-ci représente toutes les dérives des forces policières dans le cadre de la lutte antiterroriste. Bénéficiant du soutien des hommes politiques qui lui avaient accordé leur confiance lorsqu’il était encore un modèle de respectabilité, Javier Cruz utilise son statut particulier pour s’impliquer dans un commerce peu reluisant et s’asseoir ainsi sur une vraie petite fortune, idéale pour préparer sa retraite. Mais l’homme est plus complexe qu’il en a l’air et semble vivre de plus en plus en marge de la réalité : son utopie d’un Pays Basque débarrassé de la gangrène terroriste semble lui être montée à la tête.

Autour de lui gravitent d’autres personnages mêlés de près ou de loin à ses activités illicites : Sanchez, un mercenaire espagnol qui recherche avant tout un défouloir plutôt que la richesse promise par Cruz ; Macrina, une jeune mère célibataire espagnole tombée dans la prostitution pour subvenir aux besoins de son enfant et qui semble avoir l’art de se trouver là où il vaudrait mieux qu’elle ne soit pas ; le procureur Boyer, homme aimant le pouvoir et qui a tendance à trop facilement fermer les yeux sur les dérives de Cruz tant qu’elles lui rapportent, à lui aussi, de l’argent ; ….

Du côté de la police, les choses sont loin d’être plus simples : nombreux sont ceux qui auraient beaucoup à perdre si la vérité autour de Cruz venait à éclater. Tous avaient pourtant la volonté de bien faire, avant de mettre le pied dans l’engrenage.

Ce qui est intéressant dans cette intrigue, c’est qu’aucun personnage n’est blanc ou noir : chacun, à un moment donné, peut déraper, même ceux qui semblent les plus dévoués au respect de la justice.

L’autre aspect entraînant de ce roman, c’est de de voir à quel point tous les milieux [politique, policier, immobilier, écologiste ou encore mafieux] sont étroitement liés, une fois qu’il est question d’argent. Mais cela tend à complexifier énormément l’intrigue et donne une image horriblement négative de la lutte antiterroriste basque.

Cette abondance de liens m’a parfois perdue, rendant la lecture d’Au fer rouge plus compliquée que celle de L’Homme qui a vu l’homme. Voici pourquoi ma préférence va au 1er tome de cette saga. Néanmoins, Au fer rouge reste un très bon polar que je ne peux que vous conseiller !

Et hop, une nouvelle lecture à ajouter au challenge “Un pavé par mois” de Bianca. Je pense que ce mois-ci, je suis bien partie pour exploser mon record personnel…

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