Le Premier Été d’Anne Percin

Les petits budgets peuvent également trouver leur bonheur en cette période de rentrée littéraire parmi les nombreuses sorties “poches” que proposent les maisons d’édition. Le roman que je vous ai choisi pour l’occasion accompagne par sa chaleur languissante le bel été indien que nous connaissons en ce début octobre. Il s’agit du livre d’Anne Percin, Le Premier Été.

LePremierEte

Catherine et Angélique sont de retour dans la maison de leur grand-mère afin de la vider avant de la mettre en vente. Chaque été, lorsqu’elles étaient enfants, elles venaient y passer l’entièreté de leurs vacances, se mêlant pour quelques semaines à la “bande du village” partageant leurs jeux et leurs commérages. Depuis de nombreuses années, Catherine, la solitaire, a tout fait pour éviter d’y revenir trop souvent, sans que sa famille ne comprenne pourquoi alors qu’elle était pourtant la plus enthousiaste, enfant, à l’idée de passer ces longues semaines à la campagne. Et si le moment était venu pour elle d’expliquer les changements brutaux qui l’ont touchée après l’été de ses 16 ans ? Cela lui permettrait sans doute d’exorciser ses vieux démons et de penser à nouveau avec plaisir à la maison de son enfance.

Ce premier été, c’est le passage de Catherine, du monde de l’enfance à celui des adultes. Cette transition qui s’est faite par la découverte de la sexualité dans ce qu’elle a de plus bestial, s’est passée dans la douleur et dans la honte. Comment un instant qui semblait si beau sur le moment peut-il être dénaturé par le regard des autres et les préjugés ? A quels points les premiers émois peuvent-ils avoir une influence sur la vie d’adulte ?

Catherine et Angélique ont 16 et 17 ans. Néanmoins, le ton utilisé par l’auteure et les pensées qu’elle leur prête dans les premiers chapitres donnent davantage l’impression qu’elles sont encore des enfants ayant à peine atteint la pré-adolescence. De ce fait, j’ai été assez déstabilisée lorsqu’il commence à être question des premiers émois sexuels de Catherine. Ensuite, ses pensées et ses comportements collaient davantage à ceux d’une ado de son âge et me semblaient alors plus en phase avec le récit. Catherine semble néanmoins particulièrement naïve en ce qui concerne les relations sociales [j’ai eu quelques fois l’envie de la secouer, pour tout vous dire].

Dans la forme, Catherine s’adresse directement à sa sœur et utilise donc le tutoiement tout au long du récit ce qui renforce cette impression d’entrer dans son intimité. Un certain malaise se dégage de ce roman au fur et à mesure que Catherine dévoile son secret. Ce roman, si lumineux au commencement (l’été, le soleil, la campagne, les jeux d’enfants, …) devient de plus en plus sombre et froid. L’angoisse de Catherine est palpable, comme si elle revivait cette période glauque de son adolescence et se ressent de plus en plus intensément au fil des pages. La jeune fille découvre les dégâts que peuvent causer les préjugés, notamment dans les petits villages de campagne. Elle apprend également à quel point la beauté est subjective et peut rapidement être occultée par des éléments moins visibles, touchant plutôt au caractère qu’au physique.

Difficile de vous dire si je l’ai aimé. Le démarrage fut laborieux puis mon intérêt s’est accru au fur et à mesure du récit. Cependant, j’en ressors avec une impression désagréable que je ne peux pas vraiment expliquer ou du moins, pas sans vous dévoiler de trop grandes plages du récit.

Et vous, vous vous êtes lancés dans quoi en cette rentrée ?!

Ps : pour les Bruxellois, vous aviez déjà remarqué que Pêle-Mêle semblait dorénavant acheter et vendre des stocks de livres neufs ? Celui-ci est paru en août 2014 et portait une étiquette jaune estampillée Pêle-Mêle [du même genre qu’on retrouve chez Bibliopolis]. Ça m’a étonnée !

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