Le Garçon d’à côté de Katrina Kittle

Au détour des rayonnages de mon bouquiniste favori, je suis tombée sur Le Garçon d’à côté de Katrina Kittle. La simple étiquette “Sélection 2013 – Prix des lecteurs” a suffi à m’attirer [oui, je suis faible et influençable] et le quatrième de couverture est rapidement parvenu à me convaincre ! Attention, malgré son titre qui pourrait faire penser à un roman à l’eau de rose, voire à un soap pour teenager, il s’agit d’un roman assez dur où il est question de pédophilie [vous aussi vous trouvez que mes lectures 2014 respirent la joie de vivre ?], parfois malsain, mais qui m’a tenue en haleine de la première à la dernière page.

Katrina_Kittle

Depuis la mort de son mari, Roy, deux ans auparavant, Sarah vit seule avec ses deux garçons : Nate, bientôt 17 ans et Danny, 11 ans. Malgré quelques crises d’adolescence bien senties et un deuil qui a du mal à s’apaiser, Sarah s’estime plutôt heureuse avec ses enfants. Mais l’équilibre plutôt fragile qu’elle a instauré dans son foyer est mis en péril lorsqu’elle découvre l’horreur qui se déroule dans la maison voisine, chez sa meilleure amie, Courtney. Celle-ci, médecin obstétricienne reconnue, ainsi que son mari et deux autres couples que Sarah ne connaît pas, sont accusés de pédophilie sur leurs propres enfants. Jordan, le fils unique de Courtney, aurait subi des attouchements depuis de nombreuses années. Incapable de croire son amie susceptible de commettre de telles horreurs, Sarah s’engage à prendre soin de Jordan le temps que l’enquête suive son cours. L’arrivée du garçon dans sa maison va lui permettre de découvrir une facette inconnue de son fils aîné mais va surtout leur demander, à tous, de repenser entièrement leur monde.

J’ai été véritablement happée par ce roman où tout l’enjeu est de découvrir comment va s’organiser la vie de Jordan suite à cette terrible révélation. Tout au long du roman, l’accent est mis sur les atermoiements psychologiques de Nate, Jordan et Sarah : comment chacun vit la découverte du scandale, la guérison physique et psychologique de l’enfant ou encore le déroulement du procès. Cela est possible grâce à la structure du roman : en effet, chaque chapitre est raconté selon le point de vue de l’un de ces trois personnages. Celui de Danny, par contre, n’apparaît que pour débuter et conclure le récit. Le personnage de Jordan est terriblement touchant dans sa manière d’appréhender le monde nouveau qui l’attend, loin de la terreur quotidienne, et de comprendre à quel point son ancienne famille était anormale. Il doit entièrement repenser ses interactions sociales, ce qui est parfois loin d’être évident.

Au-delà de l’intrigue pédophile et du processus de reconstruction psychologique de Jordan, ce roman est aussi celui de l’apprentissage des responsabilités en ce qui concerne Nate, dont l’évolution est marquante au fil des pages. C’est aussi celui du deuil, pour Sarah : que ce soit celui de son mari, dont elle accepte enfin la disparition, ou celui de son amitié avec Courtney.

Néanmoins, malgré toute la passion que m’a inspirée ma lecture, je ne peux m’empêcher de relever quelques erreurs de relecture ou de traduction qui m’ont quelque peu énervée [hé oui, c’était trop beau, je n’avais pas encore râlé]. En plus des quelques coquilles que je n’ai pas pris la peine de noter, deux choses m’ont surtout sauté aux yeux :

  • l’utilisation de l’expression “rêver à lui” alors que Sarah repense aux rêves érotiques qui l’ont traversée la nuit précédente. Or, dans ce sens, qui est celui de “voir en dormant”  Monsieur Grevisse revendique l’utilisation de la préposition “de” et non pas “à” comme c’est le cas ici. Cela revient à trois reprises en l’espace de deux pages et je dois bien avouer qu’à chaque fois, ça m’a quelque peu hérissé le poil [non, je ne suis pas folle… peut-être juste un peu casse-pieds].
  • une incohérence en termes d’époque, lorsqu’il est question de la mort de Roy. Dans un chapitre, celle-ci est située aux environs des 8-9 ans de Nate (un an après l’affaire de la chauve-souris) tandis que, quelques chapitres plus tôt, cette mort était située deux ans avant la découverte du scandale pédophile (découverte qui a lieu à quelques jours des 17 ans de Nate). Il y a donc une couille dans le potage comme dirait l’autre !

Ces quelques erreurs, un peu grossières, viennent rappeler à quel point les relecteurs sont encore importants dans la chaîne du livre ! N’en déplaise à ceux qui souhaiteraient les remplacer entièrement par des logiciels de correction orthographique !

Mais en définitive, je vous conseille largement la lecture de ce roman ! A condition, bien sûr, que vous ne soyez pas trop sensible lorsqu’il est question de maltraitance infantile [certains passages étant réellement difficiles à supporter].

Et dites-moi, vous aussi, vous vous laissez un peu trop facilement attirer par la fameuse étiquette rouge ?! 

 

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