Ma vie sur la route de Gloria Steinem
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Ma vie sur la route de Gloria Steinem

Connaissez-vous Gloria Steinem ?! Ce n’était absolument pas mon cas, jusqu’à il y a quelques mois. La première fois que j’ai entendu son com, c’était dans l’épisode de La Poudre consacré à Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet. Puis, quelques temps plus tard dans celui où Lauren Bastide interviewe Gloria Steinem à l’occasion de la sortie en français de Ma Vie sur la route. Déjà à ce moment-là, Gloria Steinem m’a donné envie de la suivre, tellement certaines de ses paroles ont résonné en moi.

J’aurais pu me promener avec écrit sur mon front CHERCHE FOYER, mais je présumais que cela arriverait le jour où j’aurais mari et enfants, un destin qui me semblait à la fois inévitable et inconcevable. Je ne connaissais aucune femme pouvant se prévaloir d’un parcours individuel, même au cinéma. Le mariage était toujours le happy end, jamais le commencement. C’était le début des années 1950, et je confondais devenir adulte et se ranger.

Dans ses mémoires, l’activiste féministe nous raconte 50 ans de combats ; qu’ils soient féministes, anti-racistes, en faveur des personnes LGBTQ+ ou destinés à obtenir plus de justice sociale. Relativement peu connue en Belgique francophone, Gloria Steinem est l’une des figures de proue de la lutte pour l’avortement aux États-Unis et une grande défenderesse des minorités ethniques (afro-descendantes, latinas, amérindiennes, etc.). Pour ce faire, elle a passé la majorité de sa vie à sillonner les routes américaines pour organiser des meetings ou à relayer, via des articles dans la presse, les grands événements qui ont marqué son pays.

L’autrice nous raconte de nombreuses anecdotes du quotidien qui viennent ponctuer ses voyages et illustrer ses points de vue. Elle en profité également pour nous présenter les personnes inspirantes avec lesquelles elle a été amenée à collaborer tout au long de son parcours. Elle nous explique alors les raisons qui l’ont poussée à participer à ces événements, les idées que cela lui permettait de défendre, etc.

Ces mémoires m’ont fait (re)découvrir des événements ou des actions dont je n’avais pas connaissance [la fameuse conférence nationale des femmes de Houston] ou qui m’étaient sortis de la tête. Elle m’a donné envie, notamment, de m’intéresser davantage à la culture et à l’histoire de la population amérindienne.

Gloria Steinem nous rappelle l’importance de la convergence des luttes et de l’intersectionnalité. Ce livre m’a permis de voir que ces théories sont défendues depuis de très nombreuses années aux USA et que nous sommes vraiment à la traîne en Europe francophone car j’ai l’impression qu’on n’en parle vraiment que depuis assez peu de temps [il suffit de voir de quand datent certaines traductions…].

On aurait peut-être appris que le chiffre qui permettait le plus sûrement de déterminer si le niveau de violence était élevé à l’intérieur d’un pays – ou s’il serait enclin à user des armes contre une autre nation -, ce n’était ni le taux de pauvreté, ni la quantité de ressources naturelles, ni la religion, ni même le degré de démocratie, mais la violence envers les femmes. Elle banalise toutes les formes de violence.

Bref, ce livre m’a foutu une claque, a réveillé mon envie de m’intéresser à plein de sujets divers et variés, à chercher comment contribuer à ces luttes ici, en Belgique [j’ose espérer que ce blog permet de faire connaître un tout petit peu toutes ces femmes formidables qui font bouger les lignes]. Il ne reste plus qu’à se lancer comme on dit !

Infos pratiques

  • Titre : Ma vie sur la route – Mémoires d’une icône féministe
  • Autrice : Gloria Steinem
  • Traductrice : Karine Lalechère
  • Édition : Harper Collins, 2019
  • Nombre de pages : 416 pages
  • Genre : non-fiction, mémoires
  • Challenges :
    • Féminibooks challenge : catégorie d’octobre, “Lire l’histoire d’une sorcière”
    • Back to books challenge : catégorie “Retour à la réalité”
    • Pavé du mois, chez Bianca

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