Les Luminaires d’Eleanor Catton

Cet été, j’ai enfin eu l’occasion de me plonger dans un roman qui me tentait beaucoup mais m’intimidait tout autant : Les Luminaires d’Eleanor Catton. Vu sa taille imposante, je m’étais fixé l’objectif de le finir avant notre départ en vacances : mission accomplie !

Résumé

Hiver 1866, le jeune Walter Moody débarque en Nouvelle-Zélande pour participer à la ruée vers l’or qui bat alors son plein. Mais, le jour même de son arrivée, il se retrouve malgré lui impliqué dans une curieuse réunion au cours de laquelle une douzaine d’hommes tentent de trouver une explication à la série d’événements troublants qui touche leur communauté.

Ce que j’en ai pensé ?!

J’ai été véritablement bluffée par la qualité littéraire de ce roman ! L’autrice a remporté le Man Booker Prize en 2013 grâce à lui et c’est largement mérité ! C’est d’autant plus impressionnant qu’elle est encore assez jeune !

La première prouesse d’Eléanor Catton est de s’être imposé une structure bien particulière pour la rédaction de son roman : chaque partie compte deux fois plus de pages que la partie qui la suit, ce qui donne une impression de lenteur dans la première moitié du roman puis une accélération de plus en plus intense au fur et à mesure de notre avancée.

La seconde est la qualité des descriptions des personnages qui sont assez nombreux. L’histoire nous est racontée par un narrateur omniscient qui n’hésite pas à interrompre son récit pour y insérer des commentaires personnels venant justifier tel ou tel parti pris dans la construction du récit et qui use d’un ton assez ironique lorsqu’il évoque la personnalité ou le physique des protagonistes qu’il décrit. Cela donne un certain cachet très XIXe au roman. D’autant plus que ces descriptions sont généralement assez fouillées, nous permettant de nous faire une image très précise des lieux ou des personnages. J’ai adoré !

Pour ce qui est du récit en lui-même, il peut contenir quelques répétitions mais cela ne m’a pas réellement ennuyée. En effet, lors de cette fameuse réunion, chaque protagoniste va raconter les faits dont il a été témoin au cours des semaines précédentes, pour que Walter puisse les aider à démêler tous les fils du mystère qui entoure la ville. Il arrive alors que les mêmes faits soient relatés par plusieurs témoins. Cela fait un peu penser à une partie de Cluedo ou aux histoires de détectives… Et finalement, même si cette première partie peut sembler un peu lente, on se laisse totalement embarquer dans cette drôle d’enquête, forgeant alors nos propres spéculations. Dans la seconde partie, nous avons à la fois droit à des flashbacks d’événements qui ont eu lieu avant ceux dont il est question lors de la réunion et nous suivons les treize hommes durant les semaines qui suivent la réunion jusqu’au dénouement final.

Du point de vue stylistique, l’autrice utilise un vocabulaire précis et parfois un peu daté allant jusqu’à reprendre les graphies anciennes de certains mots [enfin, c’est le cas dans la traduction française]. Elle use aussi de phrases assez longues. Là encore, cela nous imprègne davantage dans l’atmosphère de l’époque. Par contre, ce qui peut parfois compliquer la lecture, c’est le fait que certains dialogues sont écrits en maori ou en mandarin et que leur traduction est reprise dans une sorte d’index en fin d’ouvrage. Ce n’est pas forcément pratique et cela peut rebuter le lecteur. J’avoue que j’avais parfois la flemme d’aller voir ce que cela signifiait.

Enfin, l’autrice tisse toute la trame de son intrigue autour du cycle lunaire et des constellations, dont l’évolution est reprise de manière graphique en début de chaque partie. Chaque chapitre possède également un titre en lien avec ces éléments. Personnellement, cela ne me parlait pas particulièrement mais je ne serais pas étonnée si cela renfermait des indices quant au dénouement de l’intrigue.

Comme vous l’aurez compris, c’est un roman dense, d’une très grande qualité, que je ne peux que vous recommander ! Par contre, sa lecture est exigeante et demande de bénéficier de larges plages de calme pour s’y immerger complètement.

Infos pratiques

  • Autrice : Eleanor Catton
  • Titre : Les Luminaires
  • Edition : Folio, 2016
  • Nombre de pages : 1248 pages
  • Genre : Historique
  • Challenges : ce roman me permet de valider le challenge de Bianca et la catégorie “livre de plus de 500 pages” du challenge 2018 de Mille vies en une.

Il vous tente ? Vous connaissiez cette autrice ?

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