Lecture

Le Chardonneret de Donna Tartt

Cette semaine, je vous présente une jolie brique de 1100 pages qui m’a valu quelques crampes au poignet [qui a dit que la lecture ne pouvait pas être sportive ?!] : Le Chardonneret de Donna Tartt. L’an dernier, j’avais quelque peu cassé les pieds au Père Noël pour recevoir cette jolie édition de chez Pocket et non pas la version poche, classique, sortie quelques mois plus tôt. Mais je n’avais pas imaginé l’ampleur de la chose…

Couverture_Chardonneret

Résumé

L’ouvrage commence sur le récit d’un jeune homme qui semble perdu, dans son hôtel d’Amsterdam. Il se plonge alors dans ses souvenirs pour nous raconter comment sa vie a changé du tout au tout, alors qu’il avait treize ans. Ce jour-là, il était allé au musée avec sa mère lorsqu’un drame a eu lieu. Suite à cela, Théo s’est retrouvé en possession d’une toile de maître d’une valeur inestimable, qu’il cache précieusement. Il commence alors une vie d’errance entre Las Vegas et New York où il se retrouve rapidement plongé dans des milieux peu recommandables. Au cours de cette vie tumultueuse, il va faire plusieurs rencontres qui seront décisives pour son avenir : celle de Boris, qui sera son meilleur ami [un jeune Russe complètement alcoolique et barré] et Hobie, un vieil antiquaire qui va devenir son mentor.

Ce que j’en ai pensé ?!

 

Je redoutais un peu cette lecture, il faut bien l’admettre… et ce, pour deux raisons : sa taille [ou plutôt son poids] et le fait qu’il y a quelques mois, j’avais tenté la lecture du Maître des illusions, auquel j’avais tellement peu accroché que j’avais fini par l’abandonner.

La première chose qui m’a frappée en commençant cette lecture, c’est la qualité de l’écriture de Donna Tartt : c’est dense et extrêmement fouillé. Il apparaît clairement que ce ne sera pas le genre de livre “détente” qui se dévore en un clin d’œil. Mais soit, c’est loin d’être quelque chose qui me dérange et je trouve même que ça fait du bien de retrouver une lecture un peu plus ardue.

Heureusement, Donna Tartt parvient à nous immerger entièrement dans son univers. Il m’est arrivé plusieurs fois de ressortir un peu “groggy” de mes séances de lecture, en ayant du mal à revenir à la réalité.

Néanmoins, le gros défaut de ce roman, ce sont ses longueurs : il y a de nombreux épisodes de la vie de Théo [notamment ses délires narcotiques à Vegas] qui auraient mérité d’être largement raccourcis. C’est long, ennuyeux et on ne comprend pas vraiment où cela nous mène exactement. Cela a bien failli me faire décrocher 2 ou 3 fois.

Si on se penche du côté des personnages, je dois dire que j’ai beaucoup aimé Hobie qui conserve malheureusement une grande part de mystère malgré le rôle important qu’il joue dans la vie de Théo. J’aurais adoré que l’autrice lui accorde plus de place mais cela se tient puisque nous le découvrons selon le point de vue de Théo. Or Hobie est peu causant sur sa vie personnelle : il adore transmettre son art à Théo mais ne s’ouvre pas particulièrement à lui. J’aime beaucoup leur relation qui est très tendre et empreinte de respect mutuel. Hobie est à peu près la seule figure paternelle à laquelle Théo peut se raccrocher.

Théo, en lui-même, est difficile à appréhender : j’ai bien aimé son personnage “enfant” mais je n’ai vraiment pas apprécié son évolution, surtout lorsqu’il était en contact avec Boris. C’est un garçon touchant, intelligent, qui donne l’impression de gâcher ses capacités. La drogue n’est d’ailleurs pas étrangère à tout cela. Théo en est conscient, car il revient souvent sur ses addictions et se demande ce qu’aurait été sa vie si sa mère n’avait pas été happée par le terrorisme.

Dans ce roman, Donna Tartt aborde la question du deuil, du choc post-traumatique et la manière dont un pré-adolescent va devoir y faire face, en l’absence de tout repère. J’ai également l’impression que l’autrice tente de dénoncer l’absence de soutien dont bénéficient certains adolescents lorsque leur famille est peu, voire pas présente, et les nombreuses dérives que cela peut engendrer, comme la dépendance aux drogues et l’alcoolisme.

Le Chardonneret, c’était donc une belle lecture, un roman d’une grande qualité mais qui tombe parfois dans l’excès. Je vous les conseille si vous vous intéressez au monde de l’art et à ses travers. Mais surtout, si vous n’êtes pas rebuté par la taille de ce mastodonte !

L’avez-vous lu ?

Infos pratiques

  • Titre : Le Chardonneret
  • Autrice : Donna Tartt
  • Edition : Pocket, 2015
  • Nombre de pages : 1100 pages
  • Genre : contemporain
  • Ma note : 17/20
  • Challenges : ce livre me permet de cocher la case janvier, de mon challenge Un pavé par mois de Bianca, ainsi que la catégorie “Roman avec un animal sur la couverture” du challenge 2017 de Mille vies en une.
  • Le truc en plus : ce roman s’inspire d’un tableau du peintre néerlandais Carel Fabritius [1622-1654] intitulé Le Chardonneret et peint en 1654.

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