Les Sarments d’Hippocrate de Sylvie M. Jema

Voici un roman policier sur fond hospitalier qui m’a été conseillé et prêté par l’une de mes nouvelles collègues [c’est cool, je suis désormais entourée de lectrices au bureau !] : Les Sarments d’Hippocrate de Sylvie M. Jema.

Les Sarments d'Hippocrate de Sylvie M. Jema

Dans cette grande ville de Bretagne, le professeur Cyprien Desseauve dirige le département de gynécologie-obstétrique d’une main de fer. Mais, depuis deux mois, il reçoit très régulièrement des lettres de menaces qui l’horripilent au plus haut point. Il décide alors d’en faire part à la police… Il paraît que la jolie petite interne qui lui résiste a de la famille dans les forces de l’ordre, ça devrait lui permettre d’opérer un rapprochement… Au même moment, sa secrétaire et maîtresse attitrée décède brutalement. Suicide, mort naturelle ou meurtre ? Difficile de savoir. Dès lors, rien ne va plus dans le département : les rumeurs vont bon train, l’angoisse domine et la belle image du professeur s’effrite. Car il semblerait bien que, sous ses airs de famille parfaite, la famille Desseauve cache de bien vilains secrets… 

Au delà de l’enquête policière, ce qui m’a plu dans ce roman, c’est le ton volontairement ironique qu’utilise le narrateur pour décrire les drames qui se jouent au CHU. Il se moque bien volontiers de cette bourgeoisie imbue d’elle-même qui se croit à l’abri de tout scandale. Il appuie également sur les nombreux stéréotypes qui fondent traditionnellement le genre : le partenariat complice entre les policiers (un homme et une femme), la jolie femme flic au caractère bien trempé et à la vie personnelle tumultueuse, l’emploi fréquent du nom de famille pour désigner les personnes dont on parle, etc.

La structure de ce roman le rend également très dynamique : chaque nouveau paragraphe, au sein d’un même chapitre, dépeint les aventures d’un personnage différent. Cela donne un petit côté cinématographique au roman dans lequel les plans sont multipliés. Parfois, cela peut être déroutant : le lecteur n’a pas le temps de s’installer auprès d’un personnage qu’il change déjà de perspective mais globalement, cet agencement est un atout.

Les protagonistes, quant à eux, sont fort stéréotypés et leur psychologie assez peu fouillée :

  • le professeur Desseauve, archétype du bourgeois arriviste et imbu de lui-même ;
  • les sœurs Brandoni sont évidemment belles et limite adulées pour tous leurs condisciples ;
  • le méchant flic frustré et peu scrupuleux qui jalouse les autres ;
  • la secrétaire revêche, au physique plus qu’austère.

Bref, l’auteure y va à fond ! Mais c’est justement tout ce côté caricatural qui rend la lecture facile et agréable.

Enfin, j’ai trouvé l’intrigue assez bien ficelée même si quelques éléments sautent assez vite aux yeux du lecteur [et je me demande même si ce n’est pas volontaire parfois, tellement il semble y avoir un panneau lumineux au-dessus de certains indices disant “retiens-moi, je suis important pour la suite !“]. Le retournement de situation final m’a vraiment surprise et m’a fait oublier le côté horripilant des éléments trop attendus.

Une lecture agréable et originale que je vous conseille si vous appréciez les policiers ou l’environnement hospitalier.

Vous connaissiez cette auteure ? Des idées d’autres romans sympas dans un décor hospitalier ? 

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