Viscères de Mo Hayder

J’ai découvert Mo Hayder il y a peu, avec l’un de ses plus grands succès, Tokyo. Malgré son extrême noirceur, il m’avait plutôt bien plu donc, quand l’équipe de Babelio m’a proposé de m’envoyer Viscères en échange d’une critique, j’ai immédiatement postulé !

Couverture de Viscères de Mo Hayder

Dans une maison isolée de la campagne anglaise, Oliver, Matilda et leur fille Lucia espèrent trouver le repos après les semaines éprouvantes causées par l’opération cardiaque qu’a dû subir Oliver. Malheureusement, à peine arrivés, une macabre découverte les ramène quinze ans en arrière, alors que Lucia était encore une adolescente fragile. Serait-il possible que celui qui a tué puis dépecé son ancien petit ami soit de retour ? Et le cas échéant, pourquoi souhaiterait-il s’attaquer à sa famille ? De plus, qui sont ces policiers arrivés si rapidement chez eux, avant même qu’ils n’aient eu le temps de donner l’alerte ? 

Vous l’aurez compris, cette intrigue sera celle d’un huis-clos infernal entre la famille et leurs mystérieux agresseurs. Quelles sont leurs intentions ? Ont-ils un lieu avec le tueur d’Hugo, pourtant enfermé derrière les barreaux depuis si longtemps ? Mais surtout, ont-ils l’intention de les tuer ? Ce sont toutes ces questions auxquelles le lecteur va tenter de répondre, en même temps que les victimes. Chacune semble avoir ses petits secrets, mais quels liens ceux-ci pourraient-ils avoir avec leur agression ?

Parallèlement à cette intrigue, le lecteur suit les pérégrinations de l’inspecteur Caffery [un personnage récurrent dans l’oeuvre de l’écrivaine] alors que celui-ci découvre une nouvelle piste dans la disparition de son frère aîné, enlevé alors qu’ils étaient encore enfants. Mais pour obtenir les réponses à ses questions, il doit d’abord retrouver les propriétaires d’un chien perdu, curieusement dénommé Ourse.

Des deux intrigues, c’est celle de l’inspecteur Caffery qui m’a le plus intéressée. Le premier bon point de celle-ci, c’est qu’elle peut être suivie sans connaître les romans précédents où il intervient. Les éléments biographiques importants sont repris pour que le lecteur ne se sente pas perdu [peut-être que c’est pénible pour les lecteurs assidus, je ne sais pas juger puisque je prends la série en route]. Ensuite, il faut admettre que, dans la maison des Tourelles, le lecteur a davantage l’impression de tourner en rond. Une fois le mobile des deux hommes arrêté, tout indique que le dénouement est plus ou moins connu, reste à savoir combien de temps tout cela va durer. C’est évidemment sans compter sur le talent de Mo Hayder pour proposer des retournements de situation on ne peut plus surprenants… Mais malgré tout, certains comportements et enchaînements de situation m’ont semblé assez peu crédibles. J’ai donc préféré fixer mon attention sur la recherche d’Ourse et les interrogations de Caffery.

Je terminerais par dire que le titre et la couverture choisis pour l’édition française m’avaient quelque peu refroidie. Je ne pense pas que j’aurais acheté ce roman s’il ne m’avait pas été proposé par Babelio. Tous deux mettent en évidence un élément du récit assez sanglant, alors que le roman l’est nettement moins que ce qu’ils laissent présupposer. Je dirais même que cela ajoute un biais dans la réception du roman : le lecteur s’attend véritablement à ce que ce soit une boucherie et du coup, je pense qu’il accorde nettement moins d’attention à toute la tension psychologique qui résulte du huis-clos. J’appréhendais quelque peu la lecture de ce roman en raison de cela car je ne suis pas adepte de tout ce qui est trop gore ou trop sanguinolent. Je ne suis donc pas sûre que ce choix éditorial soit le plus pertinent. D’autant plus que le titre anglais [Wolf], bien que nettement moins original, j’en conviens, est beaucoup plus représentatif du fond de l’intrigue. Pourquoi, dès lors, n’avoir pas choisi de le traduire littéralement ?

Et vous, vous êtes plutôt des adeptes de la tension psychologique dans les polars ou de crimes bien violents ?

Ce roman (441 p.) peut être comptabilisé dans le cadre du challenge de Bianca, un pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

 

 

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