Le Passeur de Lois Lowry

Après une longue semaine sans le moindre article ici [bonjour la régularité, jeune fille !], je reviens vers vous avec la chronique de l’avant-dernier roman lu en 2014 : Le Passeur de Lois Lowry. Celui-ci connaît un certain regain de popularité suite à la sortie de son adaptation cinématographique [dont vous pouvez largement vous passer, c’est mal adapté et “gnangnantisant” au possible]. Le Passeur est une dystopie jeunesse comme on en voit beaucoup actuellement, mais le roman ayant été publié en 1993, je pense qu’il s’agit là d’un des précurseurs du genre [mais je suis loin d’être une spécialiste de la question].

Par contre, la couverture dessert complètement l'ouvrage...
Par contre, la couverture n’invite pas vraiment à la lecture…

Jonas va bientôt entrer dans la catégorie des 12 ans, l’âge où les enfants de sa communauté deviennent adultes et reçoivent l’attribution de leur nouvelle fonction. La cellule familiale de Jonas se compose de 4 personnes [le maximum autorisé] : son père est nourricier et sa mère travaille au Ministère de la Justice. Quant à sa sœur, Lily, elle fait partie du groupe des 7 ans et va bientôt entamer son bénévolat, ce qui permettra aux Sages de déterminer quelle pourra être son attribution, lorsqu’elle sera adulte. 

Le jour J est arrivé : Jonas apprend son futur métier avec angoisse car celui-ci est unique au sein de la communauté et promet d’être douloureux. Comment va-t-il pouvoir assumer ses nouvelles responsabilités ? Et qui est donc ce mystérieux Passeur, chargé de son initiation ? 

Dans ce roman qui nous dépeint un futur où toute originalité a été bannie, nous découvrons une humanité qui a décidé de tout contrôler, jusqu’à la douceur du climat ou la composition de caractères la plus adaptée à la vie de famille. Tout a été lissé, aseptisé pour que plus aucune différence n’existe entre les membres. Chacun y a un rôle déterminé et doit œuvrer pour le bien de la communauté. Chaque parole, chaque geste est surveillé, analysé… En cas de défaut aux règles de la communauté, une remontrance publique est faite au contrevenant. Bref, vous l’aurez compris tout répond au contrat habituel du genre.

Le Passeur est un roman qui vise la jeunesse et cela s’en ressent fortement dans le ton de l’écriture. Celle-ci est fluide, le vocabulaire est assez simpliste. Néanmoins, certaines allusions laissent à penser que les adultes étaient également appelés à le lire.

Ici encore, il s’agit d’une critique non déguisée des sociétés autoritaires. Tout y a été poussé à l’extrême afin de démontrer que, même si en apparence, les gens semblent heureux de la vie qui a été formatée pour eux, ce n’est pas toujours le cas. Cette apparente plénitude résulte davantage d’un endoctrinement et d’une méconnaissance profonde du monde réel [comment donc pourrait-on regretter une chose qu’on a jamais connue ?!]. Cependant, dès que l’homme possède la connaissance de l’Ailleurs, il ne peut plus supporter la vie aseptisée de la communauté.

Un très beau roman qui se lit rapidement mais laisse une trace bien après la dernière page tournée : une belle leçon sur la nécessité de la différence et sur l’importance de l’éducation et des émotions. Pas étonnant que Le Passeur soit aujourd’hui considéré comme un classique de la dystopie jeunesse ! Trois autres tomes viennent compléter la série mais chacun se lit indépendamment des autres.

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L’écriture de cette chronique provoque une drôle de résonance en moi suite aux événements douloureux de cette semaine. Même si la religion en est absente, ce roman démontre l’importance des différences et de l’acceptation de celles-ci. Le monde dans lequel vit Jonas aurait été créé en réaction à toutes les atrocités commises par la bêtises des hommes qui, s’étant laissés guider par leur soif de pouvoir, leurs convictions et leur haine de la différence menaient l’humanité à sa perte. Ne laissons pas la réalité rattraper la fiction… #JeSuisCharlie

 

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