Couverture de je pleure encore la beauté du monde
Lecture

Je pleure encore la beauté du monde de Charlotte McConaghy

Sur les conseils de Fanny, qui l’a adoré, j’ai acheté Je pleure encore la beauté du monde lors de la même virée en librairie où j’ai acheté Bergère… Décidément une bonne pioche, cette virée chez Tulitu !

Résumé

Inti est biologiste, à la tête d’une mission scientifique chargée de réintroduire les loups en Ecosse. Mais cette mission est très loin de plaire à la population locale…

Ce que j’en ai pensé ?!

On avait huit ans le jour où papa m’a coupée en deux de la gorge jusqu’au bas ventre.

C’est la première fois depuis des lustres que je me fais autant happer par un roman : impossible de le lâcher ! J’ai avalé les 420 pages en deux soirées et j’ai même failli rater mon arrêt à la gare !

Dans ce livre, on va s’intéresser à différents prédateurs et « ho, surprise ! », les loups ne sont peut-être pas les plus dangereux d’entre tous !

Inti et son équipe se frottent assez vite à l’hostilité des habitant•es de cette région d’Écosse où l’on s’était échiné à faire disparaître les loups, il y a déjà bien longtemps. Que ce soient les agriculteurs qui craignent pour la survie de leurs troupeaux ou les mères de famille qui redoutent que leurs enfants fassent de mauvaises rencontres, personne ne voit le retour des loups d’un très bon œil. La jeune femme doit tenter de faire preuve de pédagogie avec ses détracteurs, ce qui n’est pas forcément son point fort.

Le roman prend soudainement des airs de polar lorsque l’un des plus virulents ennemis du projet est retrouvé mort à proximité du cottage d’Inti. Celle-ci agit alors sous le coup de l’impulsion et cache le corps avant que quelqu’un d’autre ne le retrouve. Mais qui a commis ce crime puisque ce ne sont pas les loups ? C’est la question qui ne cesse de la tarauder.

Tout au long du roman, on suit l’équipe de scientifiques dans leur mission d’observation des loups : depuis leur introduction dans leur nouveau milieu jusqu’à la naissance de jeunes louveteaux et à leur appropriation de ce territoire qui désormais leur appartient. L’autrice nous en apprend beaucoup sur le comportement de ces animaux et cela donne lieu à de magnifiques pages qui soulignent la beauté de la région. Cela m’a donné envie de rejoindre Inti dans sa cabane pour admirer les loups avec elle !

Ce roman nous rappelle également que le plus grand prédateur, pour les femmes, ce sont les hommes. Dans cette communauté, on constate que certains d’entre eux prennent un malin plaisir à violenter leurs femmes et que règne autour d’eux, la loi du silence. Une situation qu’Inti ne peut accepter : de quoi la rendre encore plus indésirable aux yeux de certains. De plus, Inti n’est pas venue seule dans ce petit cottage : elle y est accompagnée d’Aggie, sa sœur jumelle désormais incapable de vivre seule. Peu à peu, à travers des chapitres écrits sous forme de flashbacks, on découvre son histoire et les raisons de la colère qui embrase aujourd’hui Inti. Elle qui avait toujours été une enfant douce, encline à voir le beau en chaque personne, a bien été obligée de se rendre à l’évidence : il existe des hommes à qui on ne devrait jamais accorder notre confiance… Âmes sensibles s’abstenir, ce roman déborde de trigger warnings concernant les violences sexistes et sexuelles.

Le seul défaut que j’ai trouvé à ce roman, c’est l’histoire entre Inti et le commissaire Duncan. Je ne veux pas trop vous en dévoiler car cela participe au côté page-turner du récit mais il y a un élément qui m’a particulièrement fait lever les yeux au ciel [celleux qui me connaissent auront vite compris de quoi il s’agit].

Je pleure encore la beauté du monde est donc un magnifique roman sur le besoin de préserver la nature sauvage et la biodiversité. C’est aussi une sublime histoire de sororité et d’apprentissage de la confiance entre des humaines cabossées et des animaux bien moins sauvages qu’ils n’y paraissent. Je vous le recommande à 1000% si vous avez aimez des textes comme Dans la forêt de Jean Hegland.

Infos pratiques

  • Titre : Je pleure encore la beauté du monde (VO : Once There Were Wolves)
  • Autrice : Charlotte McConaghy
  • Traductrice : Marie Chabin
  • Édition : Babel, 2026
  • Nombre de pages : 420 pages
  • Genre : contemporain, nature writing

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