Bruxelles,  Cinéma,  Culture,  Sorties

Instants culture #1 – Octobre – Novembre 2022

L’ermite que j’étais semble avoir découvert durant le printemps – été qu’il n’y avait pas que les livres dans la vie et a décidé de s’ouvrir à d’autres formes d’activités culturelles. Je me suis dit que cela pourrait être sympa de vous en faire un retour par ici, de temps en temps.

Théâtre

Début octobre, j’ai été voir l’adaptation théâtrale du roman d’Emmanuel Carrère : D’autres vies que la mienne jouée à La Tricoterie. Ce fut l’occasion de découvrir leur toute nouvelle salle pour le théâtre ou les concerts : le boudoir. J’ai été réellement happée par l’histoire et bluffée par le jeu des comédiens : Stéphanie Van Vyve et Xavier Campion y jouent tour à tour l’ensemble des personnages qui interviennent dans le roman. Je ne me souvenais plus vraiment de l’histoire en tant que telle : si ce n’est qu’il était question de la vie d’une ancienne juge. J’ai donc redécouvert le récit avec des yeux nouveaux et me suis laissée gagner par l’émotion ! La pièce n’est plus jouée pour le moment mais si vous la voyez passer à l’avenir, foncez !

Concerts

Toujours à La Tricorie [ça va devenir mon nouveau lieu de perdition], j’ai assisté au concert de Saule qui inaugurait une nouvelle série de concerts acoustiques organisés sur place. La première partie était assurée par une jeune chanteuse belgo-turque, Maya Nashoba, qui a joliment assuré un set tout en douceur. Du chanteur, je ne connaissais que les grands titres qui passaient à la radio il y a 10 ans [oui, au moins tout ça !] mais ça s’arrêtait là. J’ai adoré redécouvrir son humour et la poésie qu’il met dans ses textes. C’était drôle, parfois doux, mais souvent enjoué. Une très jolie soirée !

Je ne sais pas trop où classer cette soirée de Résistances poétiques de Cyril Dion et Stéphane Hoog au Théâtre Le 140 : une heure de poésie déclamée avec un accompagnement à la guitare. Je serais curieuse de pouvoir lire les textes, pour davantage m’en imprégner : certains m’ont littéralement embarquée hors de la salle de théâtre, prête à retrousser mes manches pour construire avec d’autres ce monde ancré que nous propose Cyril Dion. D’autres m’ont horrifiée, quand il est question du nombre d’heures passées derrière nos écrans, par exemple [écrit-elle sur le clavier de son PC portable…] et puis certains m’ont fait décrocher, gagnée par la musique et le flux de mes pensées. C’était une expérience particulière et une très belle soirée entre meufs.

Conférences – Rencontres

On entre dans la partie la plus riche de mon mois d’octobre, celle qui m’a amenée à retourner sur les bancs de l’université à plusieurs reprises !

J’ai commencé le mois avec les conférences organisées dans le cadre des 100 ans du Solbosch [campus de l’Université Libre de Bruxelles] : j’y ai assisté à un “cours” sur la géographie bruxelloise dans la littérature, donnée par mon ancien promoteur, Paul Aron et Laurence Brogniez #InstantNostalgie. C’était l’occasion pour eux de présenter une nouvelle série d’ouvrages qui proposeront des balades littéraires à travers différents quartiers de Bruxelles. La nostalgie a continué avec la conférence de Marc Ysaye [le ponte radiophonique du rock belge et chanteur de Machiavel] qui est venu nous conter l’histoire rock’n’roll du Janson, qui n’était pas seulement le plus grand auditoire de l’ULB [qui a accueilli ma cérémonie de remise de diplôme, s’il ne fallait garder qu’un souvenir] mais surtout un haut lieu de la scène rock bruxelloise jusqu’à la fin des années 80. Ce fut là, par exemple, que Patti Smith s’est produite en Europe pour la première fois ! Tout de suite, la salle prend une autre aura !

Je me suis ensuite incrustée dans un cours de bloc 1 de romanes pour y suivre une rencontre avec Denetem Touam Bona qui était venu parler de son travail littéraire aux étudiant·es. Un chouette moment d’échange et de discussion sur la manière de proposer d’autres manières de penser le monde, à travers l’art et la littérature.

Et toujours à l’ULB, j’ai assisté aux journées du Matrimoine, organisée par des chercheuses, en collaboration avec le collectif L’architecture qui dégenre. J’en retiendrais principalement la conférence donnée par Apolline Vranken qui a rappelé l’importance de repenser l’espace public et domestique de manière féministe, en proposant notamment des espaces plus ouverts vers l’extérieur et plus communautaires. Cela fait évidemment écho à l’épisode des Couilles sur la Table, qui parlait des villes viriles et à certains chapitres de Chez soi de Mona Chollet. J’ai également beaucoup ri [jaune parfois] grâce à la conférence de Julie Beauzac, du podcast Venus s’épilait-elle la chatte, qui est venue nous parler de la représentation des femmes dans les œuvres d’art occidentales. Les oreilles de Picasso et de Gauguin ont largement dû siffler mais j’espère franchement que cela leur donnera des acouphènes pour le reste de leur séjour dans l’au-delà !

Enfin, le clou de ce début d’automne, la soirée qui signe toujours le début de ma mise en hibernation : c’était la Nuit des écrivains animée par Pascal Claude et Myriam Leroy au Théâtre Le 140. Cette année encore, j’y ai découvert des auteurs et autrices dont je connaissais les noms mais assez peu le travail. Je pense notamment à David Van Reybrouck que je savais associer à son bestseller Congo mais dont je connaissais très peu la pensée. Il s’est révélé très touchant sur la scène et m’a donné envie de me plonger dans ses textes car il se révèle être assez militant. J’ai évidemment été touchée par les récits des autrices autour des violences qu’elles ont toutes subies, en tant que femmes et dont leurs textes sont imprégnés. La force qui se dégageait du discours d’Hélène Devynck était impressionnante ! C’était à nouveau passionnant : les 4h sont passées à une vitesse folle : on a ri, on a pensé, on a chanté. Bref, une toute bonne Nuit !

Cet automne, j’ai également squatté les rencontres en librairie puisque j’ai eu l’occasion de :

  • d’entendre Polina Panassenko proposer une lecture de son roman, Tenir sa langue, à la libraire A Livre Ouvert ;
  • d’assumer mon côté groupie en allant écouter Martin Winckler parler du troisième volet de sa trilogie autour du personnage de Franz, Franz en Amérique, chez Tropismes ;
  • d’en apprendre davantage sur les égalités en termes de gestion des finances dans le couple avec Titiou Lecoq venue parler de son dernier essai, Le couple et l’argent [l’avis de Fanny] chez Tulitu ;
  • de rebooster mon envie de tout brûler avec Rose Lamy qui est venue nous parler du recueil de textes féministes Moi aussi qu’elle a coordonné mais aussi de son travail sur son premier livre, Défaire les violences sexistes dans les médias, toujours chez Tulitu, évidemment.

Expositions

Pendant les vacances, je me suis également emmenée en date au musée [on a que le bien qu’on se fait !] pour aller voir l’exposition Miradas de Mujeres d’Isabelle Borchgrave aux Musées royaux des Beaux-Arts. Dans cette expo, l’artiste a recréé la Casa Azul de Frida Kahlo, uniquement à l’aide de papier et de carton. C’est absolument magnifique : des couleurs vives, un travail du détail incroyable, … Ce fut une très jolie découverte !

J’en ai également profité pour aller voir la collection permanente du musée et comment dire… ça manque clairement d’œuvres féminines ! Je n’en ai pas trouvé une seule. Par contre des madames-toutes-nues, il y en a à foison, on est d’accord ! 😉 Tout cela est joliment venu illustrer la conférence de Julie Beauzac dont je vous parlais plus haut. Néanmoins, c’était agréable de me perdre dans les différentes salles et d’admirer toutes ces œuvres : j’avais l’impression d’être en voyage, au cœur même de ma ville et je me suis dit qu’il fallait que je réitère l’expérience plus souvent.

Depuis lors, je me suis créé une petite liste d’expositions que je compte aller voir dans les prochaines semaines. Vous devriez donc en revoir passer par ici.

Cinéma

Enfin, je suis allée voir Close de Lukas Dhont au Vendôme. On y suit l’amitié fusionnelle entre deux jeunes garçons jusqu’à leur arrivée dans une nouvelle école où cette amitié commence à faire jaser leurs condisciples. S’ensuit de nombreux questionnements, des non-dits et un certain éloignement jusqu’au basculement. J’ai trouvé que c’était un film très beau [que ce soit visuellement parlant ou dans les sujets convoqués] mais je suis clairement restée sur ma faim. On joue clairement sur nos émotions, avec de longs plans silencieux, sur des personnages qui pleurent ou se regardent en silence, mais cela manquait, à mes yeux de vrais dialogues. J’aurais voulu que certains sujets puissent être davantage évoqués, exprimés. Ici, j’ai juste eu l’impression qu’on voulait extraire toutes les larmes de mon corps, sans rien m’offrir d’un tant soit peu positif à quoi me raccrocher. Bref, je ne recommande pas, sauf si vous souhaitez plomber l’ambiance de votre date ! 😉

Et vous, quelles sont les dernières sorties culturelles que vous me conseilleriez ?!

2 commentaires

Si vous souhaitez me laisser un petit mot...

%d blogueurs aiment cette page :