Prix des lecteurs du Livre de Poche 2018 : sélection de juin

Salut !

Je reviens encore une fois avec la sélection mensuelle du Prix des lecteurs et pour ne pas changer, mes avis sont assez mitigés ! Enfin, non… Disons que j’ai très bien terminé le mois mais mes deux premières lectures ont été assez désespérantes… Allez, je vous raconte !

La délicatesse du homard de Laure Manel

Résumé

François, directeur d’un centre équestre et célibataire bourru découvre une jeune femme inconsciente sur la plage. Sans réfléchir, il la ramène chez lui. Cette femme, c’est Elsa, 32 ans, qui a décidé de rompre avec son passé et de disparaître volontairement. Entre ces deux âmes en peine commence alors une drôle de cohabitation [oui, ça sent la bonne vieille romance à plein nez…]. 

Ce que j’en ai pensé ?!

Soyons honnête, j’avais choisi de commencer par ce roman parce que je sentais déjà venir la romance à trois francs cinquante et étant en plein combo examens/préparation de défense de mémoire, je me suis dit qu’il valait mieux choisir les lectures “faciles” en ce début de mois. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que j’avais vu juste et que je me trouvais bien dans une romance remplie de scènes totalement irréalistes qu’on pouvait voir arriver à 10 km…

Le roman alterne les points de vue de François et d’Elsa à chaque chapitre, nous permettant de vivre les événements auxquels ils sont confrontés dans la peau de chacun. Même si ça a le bénéfice de nous faire comprendre qu’hommes et femmes ne vivent pas toujours les choses de la même manière, ça devient vitre très redondant ! Encore une fois, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup trop de clichés dans ce livre, ce qui rendait l’intrigue très peu crédible. Elsa est beaucoup trop “fragile” et François joue un peu trop le “sage sauveur” pour moi. Cela manquait clairement de subtilité et j’avoue avoir lu certains passages en diagonale pour arriver plus vite au bout.

Gaspard ne répond plus d’Anne-Marie Revol

Résumé

Gaspard, la vingtaine, est un jeune instituteur qui décide de se lancer dans un jeu de télé-réalité du style “Pékin Express”, espérant y trouver des réponses sur la vie que menaient ses parents, décédés dans un accident d’avion en Asie quand il était enfant. Au cours de cette aventure, il se fait éjecter du 4×4 qui lui fait traverser le pays et se retrouve immobilisé dans un petit village au fin fond de la montagne. Pendant qu’à Paris, la chaîne de TV remue ciel et terre pour le retrouver, la cheffe du petit village le retient en otage pour qu’il l’aide à mettre son plan à exécution : empêcher l’électrification du hameau. 

Ce que j’en ai pensé ?!

C’est le deuxième roman de cette aventure littéraire que je ne parviens pas à terminer ! Après plus d’une semaine de lecture, je n’avais toujours pas passé les deux cent pages lues et je ne prenais mon livre qu’à contrecœur. De quoi filer une bonne panne de lecture !

Vous devez me trouver bien dure avec ce roman, mais il faut savoir que je ne suis pas très bon public quand il s’agit d’humour [qui a dit que j’étais une vieille grincheuse acariâtre ?!] et ici, le roman se veut humoristique… Malheureusement, je l’ai trouvé beaucoup trop caricatural et à l’humour bien trop poussif ! Et ça, ça ne me fait absolument pas rire… Je dirais même que cela a tendance à m’énerver.

De plus, l’intrigue autour de Gaspard était assez ennuyeuse, le pauvre garçon étant immobilisé dans la chambre d’un petit village de montagne, il n’y a pas grand chose de terrifique à raconter… Bref, je ne pourrais pas vous en dire plus puisque je n’ai pas lu la moitié du roman.

No Home de Yaa Gyasi

Résumé

Nous sommes au Ghana, à la fin du XVIIIe siècle : Effia et Esi sont demi-sœurs mais ignorent tout de l’existence de l’autre. Alors qu’Effia devient l’épouse d’un anglais marchand d’esclave, Esi est vendue par ce même homme et emmenée dans les champs de coton, en Amérique. Nous suivons ensuite, chapitre après chapitre, l’histoire de leurs descendants, jusqu’à l’époque actuelle.

Ce que j’en ai pensé ?

Ce roman, je l’avais acheté l’an dernier, en anglais, et il attendait toujours patiemment que je me décide à le lire. Même si je l’ai reçu dans la version française, j’ai décidé de le lire en anglais et j’allais de temps en temps vérifier la traduction française quand je ne comprenais pas bien certains passages [c’est assez pratique, il faut bien le dire]. Pour moi, ce fut une très très belle lecture ! Pourtant, le format peut dérouter : l’autrice a choisi de changer de perspective à chaque chapitre, alternant les histoires des descendants de chaque branche de la famille d’Esi et Effia. Cela nous permet de découvrir l’histoire de l’esclavage, tant en Afrique qu’en Amérique et l’implication que cela a eu à travers les époques, sur les deux continents. Mais, le problème de ce format, c’est qu’on a à peine le temps de s’attacher à un personnage, de comprendre sa manière de vivre et de penser qu’on passe déjà au suivant. Cela peut être assez frustrant ! Cette sensation est surtout présente dans les premiers chapitres car, les parents avaient très peu la possibilité de créer des liens avec leurs enfants, du coup, lorsque l’on passe au chapitre suivant, le parent a disparu. Une fois que l’on aborde l’histoire plus récente, les parents sont davantage présents dans les chapitres qui concernent leurs enfants ou leurs petits-enfants.

Comme chaque fois que je lis un roman qui traite de la question de l’esclavage, j’ai été bouleversée par ce que les personnages peuvent endurer. C’est le genre de lecture qu’il me semble nécessaire de faire, pour sortir de notre petit confort d’Européen du XXIe siècle et prendre conscience des ravages que nous avons causés à travers le monde, pour augmenter notre richesse. Mais, ce que j’ai aimé dans ce roman-ci, c’est qu’il mette également en avant le fait que, même entre tribus d’une même région, les hommes se vendaient les uns les autres, au rythme des guerres entre villages opposés. C’est assez terrifiant.

J’ai également aimé le fait que l’autrice ait tenté de retranscrire l’accent et les tournures de phrases propres à chaque population. Ça donne un côté très immersif au roman : je n’ai pas regardé comment cela avait été traduit en français mais dans la version anglophone, ça donne un certain cachet au récit.  Vous l’aurez compris, il s’agit de mon coup de cœur pour ce mois de juin ! 

Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh

Résumé

Alice est toute jeune lorsque sa mère la dépose chez une nourrice, au début de la guerre. Au fil des ans, la petite fille comprend qu’elle n’est pas comme les autres enfants et se posent de plus en plus de questions sur ses origines. Puis, la guerre se termine et elle droit retrouver cette femme qui se dit être sa mère… Commence alors une lente découverte l’une de l’autre… Jusqu’au jour où la maladie vient bouleverser leur équilibre encore instable.

Ce que j’en ai pensé ?!

Et non, vous ne rêvez pas : encore un roman qui se déroule pendant [et peu après] la Seconde Guerre mondiale ! Ici, nous pourrions considérer que nous sommes dans un roman d’apprentissage dans lequel la petite Alice doit sans cesse s’adapter à de nouvelles situations familiales. C’est une gamine attachante qui m’a néanmoins paru avoir des réflexions un poil trop matures pour son âge. On découvre la guerre à travers ses yeux : l’incompréhension face aux injustices comme lorsque son camarade de classe est déculotté dans la cour pour vérifier s’il juif ou non, sa découverte que, même terminée, la guerre continue à faire des ravages dans le cœur et le corps des gens qu’elle aime, etc. C’est un roman touchant, qui offre un peu de vue un peu différent de d’habitude.

Néanmoins, l’intrigue se laisse assez rapidement découvrir et j’ai trouvé, encore une fois, que les personnages qui gravitent autour d’Alice sont un peu trop stéréotypés. Malgré cela, ce fut une bonne lecture.

L’expérience touche bientôt à sa fin : il ne reste plus que les deux sélections des vacances. Pour l’instant, je suis assez déçue par l’expérience parce que je trouve la qualité des romans qui nous sont offerts assez inégale alors que, si je comprends bien, ils ont déjà fait l’objet d’une présélection. Je ne sais pas si c’est parce que ce type d’ouvrage a le vent en poupe ces dernières années, mais j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de romans “faciles” qui n’ont pas l’air très travaillés, mais avec les ficelles qui marchent auprès du grand public. Sans tomber dans l’élitisme, je m’attendais à trouver davantage de romans qualitatifs d’un point de vue littéraire dans cette sélection. Hors, pour l’instant, il y en a à peine un par mois, à mes yeux. Les autres ne sont pas forcément mauvais, mais je ne trouve pas qu’ils méritent réellement d’être dans une sélection pour recevoir un prix littéraire.

Vous avez lu un de ces romans ?! 

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