La Servante écarlate de Margaret Atwood

En ce mois de mars, j’ai continué mon incursion dans le monde de la science-fiction avec l’un des romans les plus connus de Margaret Atwood : La Servante écarlate. Un classique du genre, publié en 1985, qui a été adapté au cinéma à la fin des années 80 et qui vient tout juste d’être adapté en série. J’ai choisi de le sortir de ma PAL à cette période car il met en scène une société où les droits des femmes sont devenus quasi inexistants.

Résumé

Dans un futur proche, la société que nous connaissons a été bouleversée par une série de conflits, notamment nucléaires, qui ont mené à l’instauration d’une société totalitaire, gouvernée par l’Ordre et où les droits des femmes ont été réduits au minimum, afin de les protéger des terribles prédateurs que seraient devenus les hommes. Dans cette société, les femmes sont divisées en trois catégories : les Épouses, mariées aux membres gradés de la société ; les Marthas, sortes de domestiques assignées à résidence et chargées de la cuisine et du ménage et les Servantes écarlates, uniquement présentes dans les familles les plus aisées, qui doivent apporter une progéniture au couple marié. Toutes les femmes qui n’entrent pas ou plus dans ces catégories parce qu’elles sont trop vieilles, stériles ou simplement “inadaptées” sont déportées dans des colonies où au mieux, elles sont ouvrières agricoles [le pire, personne ne veut vraiment savoir ce que c’est]. Car dans cette société dévastée, tout le monde n’a plus qu’un seul but : repeupler le pays avec des enfants sains. 

Dans cet univers particulièrement réjouissant, nous faisons la connaissance d’Offred, une jeune trentenaire désignée comme servante écarlate. Après une période de formation dans un centre de rééducation, elle est assignée dans sa nouvelle famille et tente d’apprivoiser sa nouvelle condition.

Ce que j’en ai pensé ?!

Pour la petite histoire, je m’étais procuré ce roman en version originale afin d’améliorer mon niveau d’anglais. Pour le coup, ce fut un véritable challenge car Margaret Atwood propose une écriture très riche, assez dense et avec un vocabulaire assez pointu [en plus du vocabulaire spécifique au monde qu’elle a créé]. Elle joue d’ailleurs sur les noms de ses personnages : Offred voulant dire “celle de Fred”, Fred étant le Commander de la maison. Chaque servante a d’ailleurs un nom construit sous cette forme. Du coup, je pense que j’ai parfois dû passer à coté de certaines nuances et que je n’ai pas compris tous les messages que l’autrice a voulu faire passer. Il faudra que je le relise en français, à l’occasion, pour en saisir toutes les subtilités.

Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié ma lecture ! Margaret Atwood développe un univers assez oppressant où plane sans cesse la menace de l’Oeil qui contrôle le respect des règles au sein de cette société. Chaque jour, on peut voir des camionnettes noires emmener des passants qui ne réapparaissent jamais… C’est une société extrêmement codifiée où chacun doit tenir son rôle pour éviter de disparaître ou de se retrouver pendu, sur le Mur. L’autrice développe d’ailleurs toute une symbolique des couleurs dans l’habillement des différentes catégories de femmes représentées.

Dans ce monde, les femmes vivent quasiment cloîtrées dans la cellule familiale : les Épouses sont les seules autorisées à avoir une vie sociale. Les autres voient leur univers limité à l’espace de la maison. La seule sortie autorisée pour Offred [en dehors de la célébration de naissance des enfants des autres servantes et des procès publics], c’est sa séance de shopping quotidienne pendant laquelle elle doit acheter les denrées rationnées pour que la Martha puisse cuisiner les repas. Et là encore, il y a des règles à respecter : chaque servante doit être accompagnée de sa binôme assignée à laquelle elle peut à peine parler et, surtout, qu’elle n’a pas le droit de regarder directement. Car, les servantes sont affublées de longues robes avec des espèces de voiles qui limitent leur champ de vision et empêche les hommes qu’elles pourraient croiser de les regarder dans les yeux. Difficile donc de nouer de réelles relations d’amitié !

Ce qui est d’autant plus terrible pour Offred et les femmes de sa génération, c’est qu’elles ont connu l’époque où elles étaient libres de s’habiller comme elles l’entendaient, d’avoir les relations qu’elles voulaient, etc. Car au fil des révélations d’Offred, nous apprenons comment la société s’est transformée pour devenir cette immense prison à ciel ouvert. Son récit, qui oscille sans cesse avec ce que nous devons prendre pour son présent, le passé heureux où elle était libre et avait une vraie famille et la période de transition entre la guerre et son arrivée chez le Commander, est assez décousu. Il se présente sous la forme d’un témoignage qu’elle raconte à une personne indéterminée. Nous comprenons également qu’Offred, même si elle n’adhère absolument pas aux principes qui régissent son nouveau monde, n’est pas prête à se rebeller contre son sort. Elle s’étonne même de la vitesse à laquelle elle a su s’adapter à son nouveau mode de vie. Bien sûr, il y a des raisons pour cela mais je vous laisse les découvrir…

Il y aurait encore tellement de choses à dire sur ce roman extrêmement complexe mais j’ai peur de trop vous en révéler. Et en même temps, je peine à développer tous les sujets importants qui ressortent de ce texte. Car Margaret Atwood nous parle également de la situation des hommes dans cette société et de leurs difficultés à s’adapter au manque de relations humaines, des tentatives de rébellion qu’il est possible de trouver quand on creuse un peu sous la surface, etc.

Je n’ai donc qu’un conseil à vous donner : plongez dans ce roman, vous ne le regretterez pas !

Infos pratiques

  • Autrice : Margaret Atwood
  • Titre : The Handmaid’s Tale
  • Edition : Vintage Classique, 2016
  • Nombre de pages : 336 pages
  • Genre : science-fiction, dystopie, roman féministe
  • Ma note : 18/20
  • Challenge : ce roman entre dans la catégorie “Livre qui évoque le droit des femmes” du challenge 2017 de Mille vies en une.

 

 

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