La Petite Communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de lire un roman qui me faisait de l’œil depuis sa sortie : La Petite Communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon.

Difficile de dire ce qui m’attirait dans ce roman puisqu’on ne peut pas dire que je sois une grande adepte de la gymnastique [d’ailleurs, ma dernière rencontre avec un plint m’a laissé une marque indélébile que je ne suis pas prête d’oublier mais soit, c’est une autre histoire…] et je ne connaissais donc pas spécialement Nadia Comaneci. Je pense que mon intérêt provenait plutôt de la manière dont Lola Lafon parlait de son roman, dans une interview qui lui était consacrée.

Comaneci_Lafon

Dans ce roman, la narratrice vouait, depuis de nombreuses années, une admiration certaine à la petite gymnaste roumaine qui avait déchaîné les foules en 1976 et désirait comprendre comment celle-ci était parvenue au sommet de son art mais aussi pourquoi sa chute fut aussi vertigineuse, à l’image du régime de Ceausescu, à la fin des années 80. Elle décide donc d’écrire sur Nadia C. et, pour étayer son témoignage, prend contact avec la gymnaste, lui demandant son aide tout au long de la rédaction. 

Tout d’abord, rappelons que, bien que le personnage central et la plupart des événements relatés soient réels, il s’agit bien d’une fiction et non d’une quelconque biographie. En effet, le lecteur pourrait facilement perdre de vue cette idée au fil du roman. D’autant plus que l’auteure s’est beaucoup documentée [et ça se ressent] et surtout, qu’elle fait intervenir Nadia [encore une fois de manière tout à fait fictionnelle] afin qu’elle critique la véracité de certaines parties du récit. Cette construction peut surprendre et déranger : le lecteur ne peut s’empêcher d’assimiler la fausse Nadia à la vraie et donc, de lui prêter ces paroles.

J’ai beaucoup aimé l’ancrage historique de ce roman et je regrette qu’il soit parfois assez superficiel sur certains sujets importants, notamment dans le traitement du rôle politique de Nadia. Or, le fil rouge du roman est justement le parallèle entre la chute de Nadia, l’icône, et celle du régime qu’elle représentait. Néanmoins, les quelques éléments contextuels concernant la vie quotidienne des Roumains sous Ceausescu m’ont donné envie de me pencher davantage sur cette page de l’Histoire que je connais assez peu.

Enfin, le personnage de Nadia est assez paradoxal : enfant, elle semble dotée d’une volonté de fer alors qu’adulte, une fois éloignée de son gymnase, elle semble plutôt suivre le courant qui la porte. Elle n’a pas l’air d’avoir développé une pensée propre, ce qui rend l’attachement du lecteur assez difficile. Et puis, suis-je la seule à trouver que la posture de l’enfant accrochée à sa poupée, à 14 ans est tout à fait incongrue ?! J’admets que les ados d’aujourd’hui ont bien évolué et ont certainement envie de devenir adultes bien plutôt qu’à l’époque mais ici, j’avais davantage l’impression d’observer une gamine de 7 ans plutôt qu’une [pré]ado de 14 ans !

Malgré cela, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman qui m’a ouvert les yeux sur des réalités qui m’étaient presque inconnues.

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