Eviter les péages de Jérôme Colin

Encore une fois, Babelio me gâte ! Cette fois, c’est au tour des Editions Allary de me proposer un roman, le premier d’un nouvel auteur belge : Eviter les péages de Jérôme Colin. Et c’est justement le fait que l’auteur soit belge et que son roman se déroule dans ma ville d’adoption qui m’a initialement attirée [comme quoi, je peux être aussi chauvine qu’un Français ;)].

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Dans ce roman, le narrateur est un homme de 38 ans. Diplômé de journalisme, il s’est directement reconverti en taximan afin de subvenir aux besoins de sa jeune famille. Marié depuis seize ans à Léa, il est père de trois enfants et semble mener une “belle petite vie”. Du moins, jusqu’au jour où il rencontre Marie, une jeune femme qui le bouleverse au point d’imaginer quitter femme et enfants pour recommencer une nouvelle vie avec elle. Nous le suivons alors, au gré de ses courses nocturnes à travers la ville. Il s’interroge sur l’avenir de son couple et sur la pertinence de ses choix de vie. Chaque nuit, il rencontre des clients, tous différents, mais dont les conversations et les attitudes viennent parfois nourrir ses propres réflexions. Va-t-il choisir de rester avec la femme qu’il croit aimer encore un peu ou tenter l’aventure avec celle qui le quittera peut-être dans six mois ? 

Tout d’abord, je tiens à remercier Allary Editions, toute jeune maison d’édition, car j’ai été agréablement surprise de trouver dans mon enveloppe, un petit mot manuscrit me souhaitant une bonne lecture ainsi qu’une jolie carte postale à illustrant un autre de leurs ouvrages. Ce n’est pas grand chose en soi, mais ça fait toujours plaisir de retrouver un peu d’humain dans les contacts presse…

Je continuerai par vous dire que j’ai beaucoup aimé ce roman, malgré un sujet qui n’est pas forcément très joyeux. L’écriture est fluide tout en possédant un style assez recherché, le ton est parfois ironique et le roman regorge de références culturelles, qu’elle soient musicales ou littéraires. D’ailleurs, il m’aurait presque donné envie de découvrir un peu mieux la discographie de Jeff Buckley.

Ce qui m’a plu mais aussi parfois un peu tourneboulée, ce sont les réflexions du narrateur autour de la notion de couple et le fait que cela suscite le questionnement et la réflexion du lecteur. Il se pose des questions et je n’ai pas pu m’empêcher de le suivre dans ses réflexions. Alors, évidemment, je suis une grande optimiste, convaincue qu’avec une bonne communication et suffisamment de confiance et de respect, il est possible qu’un couple dure toute une vie. Cela ne m’a pas empêchée d’être poussée dans mes retranchements à certains moments. C’est un homme fragile, en pleine crise de la quarantaine.

Quel plaisir également de lire un roman qui se déroule dans un endroit familier, de pouvoir visualiser réellement les lieux dans lesquels se déroule l’action ! Certes, le voyage est tout de suite moins exotique que dans le précédent roman présenté mais cela m’a permis de voir ma ville autrement.

La force de ce roman tient principalement dans la qualité du développement du narrateur. Bien que l’on ne connaisse même pas son prénom, on ne peut s’empêcher de le trouver attachant malgré son côté très tête à claques qui se laisse vivre, sans réellement prendre de décision. Réel hypocondriaque, il passe sa vie à s’inventer des maux divers et variés, tous plus graves les uns que les autres. Cela peut d’ailleurs avoir un petit côté horripilant mais il en est parfaitement conscient. Ce passionné de musique ne s’est toujours pas remis du décès de son père, survenu trois ans plus tôt et cherche encore du réconfort auprès de lui lorsque les questions qui le taraudent l’empêchent de dormir.

La seule chose que je pourrais éventuellement reprocher à ce roman, c’est son petit côté “corporate”  : pour ceux qui ne le connaissent pas, Jérôme Colin présente la célèbre émission “Hep Taxi !” sur la RTBF. Or, les références à la chaîne publique m’ont assez vite sauté aux yeux et n’étaient peut-être pas nécessaires…

Je vous conseille donc cette jolie lecture qui pourrait vous faire revenir sur votre vision extrêmement négative des taxis bruxellois [on ne peut pas dire qu’ils aient vraiment la cote en ce moment]. Par contre, si vous êtes de grands fans d’Indochine, passez votre chemin, vous risquez de détester ce roman et son auteur !

Vous connaissiez cet auteur ou cette nouvelle maison d’édition ? 

Que pensez-vous du fait de découvrir sa ville à travers un roman ? 

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