Bérénice 34 – 44 d’Isabelle Stibbe

Voici un livre dont la couverture a  directement attiré mon œil lors de ma dernière virée chez Pêle-Mêle : Bérénice 34- 44, d’Isabelle Stibbe. Un roman qui présente le monde du théâtre parisien durant l’Occupation, voilà qui semble original et si, en plus, il a obtenu le Prix des Lecteurs, ça ne pourra que me plaire, c’est une quasi certitude !

Berenice 34-44 Isabelle Stibbe

Depuis toujours, ses proches pensent que son prénom l’a prédestinée à devenir une grande comédienne tragique, n’en déplaise à ses parents ! Car, depuis qu’elle est enfant, Bérénice rêve de monter sur les planches. A l’heure de se choisir une carrière, elle n’hésite pas à braver la réprobation paternelle pour suivre son rêve. Elle sera comédienne, avec ou sans le soutien de sa famille ! Quelle idée rétrograde que de dire que ce n’est pas un métier pour une jeune fille juive ! Mais quelques années plus tard, la guerre éclate, la polémique enfle… Et si, une fois de plus, l’autorité tentait de l’empêcher de mener la vie qu’elle s’est choisie ?! Pourra-t-elle lutter ? Et quel serait son avenir si les portes du théâtre lui étaient définitivement fermées ? 

Dès le début du roman, le lecteur s’attend à une fin tragique. Tout d’abord, par le choix du prénom de l’héroïne, qui semble lui montrer la voie de la tragédie qu’elle soit réelle ou fictionnelle. Ensuite, par un processus narratif qui revient tout au long du récit : en effet, l’auteure souhaite nous raconter tout ce que Bérénice ne pourra pas elle-même “raconter à ses petits enfants”. De ce fait, le lecteur s’interroge : cela signifie-t-il qu’elle meurt durant cette guerre ? Mais, en fait, si l’auteure parle de ses petits-enfants, cela veut dire qu’elle va avoir des enfants ? Oui… ? Non… ? Les réponses ne lui parviendront que dans les dernières pages.

Le personnage de Bérénice gagne en profondeur tout au long du roman. Au départ, elle peut sembler n’être rien d’autre qu’une petite écervelée, égocentrique et ingrate. Mais ce récit, c’est celui de sa quête initiatique. Celle qui pensait ne se définir que par son statut de comédienne découvre finalement que son identité est multiple ; que malgré le rejet que sa carrière a entraîné, elle est marquée à tout jamais par l’éducation juive que lui ont transmis ses parents mais aussi, qu’elle est peut-être finalement plus attachée qu’elle ne le pensait à cette “liberté française” qui passionnait tant son père lorsqu’elle était enfant, …

Ce roman nous permet effectivement d’appréhender différemment cette période de l’Occupation, qui a déjà fait couler tellement d’encre. Il offre également un portrait de ce qu’était la vie des théâtres au début du siècle dernier, invoquant des figures qui ont réellement existé. Je ne peux donc que vous le conseiller si, comme moi, vous appréciez les récits qui abordent ces heures sombres de l’Histoire.

Connaissiez-vous ce roman ?

Vous aussi, vous vous passionnez pour cette période ou au contraire, vous en avez assez de tous ces romans qui ne parlent que de la guerre ?  

 

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4 commentaires sur “Bérénice 34 – 44 d’Isabelle Stibbe”