Au secours, mon job me transforme en vieille sorcière revêche !

Chers lecteurs, aujourd’hui, je vous lance un appel au secours pour éviter qu’un jour, je sois définitivement à classer dans la catégorie des vieilles sorcières aigries. Mais avant cela, posons le contexte, que vous compreniez de quoi je parle…

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Ceux qui me connaissent dans la vie hors blog savent que, depuis un peu plus d’un an, je travaille dans une école supérieure bruxelloise [que je ne citerai pas, préservons le peu d’anonymat qu’il me reste]. Comme prof ? Que nenni mon ami, je ne suis qu’une simple petite gestionnaire de dossiers [le mot savant pour ne pas dire secrétaire, entendons-nous bien] ou une “attachée de rang 1” si l’on s’en tient à la dénomination Communauté française. Alors, tout d’abord, sachez qu’en tant qu’administrative, tu as beau avoir le même diplôme voire un diplôme supérieur à celui des profs avec lesquels tu travailles, dès que tu passes derrière le bureau du secrétariat, l’estime que l’on te voue chute vertigineusement [la preuve, parfois on ne prend même pas la peine de te dire bonjour quand on rentre dans TON bureau].  Déjà, ça vous pose le tableau.

Loin d’avoir le sens du service et de la clientèle largement développé au départ [ça, je l’ai vite compris dès ma première expérience de vendeuse], j’en viens aujourd’hui à fuir le contact avec les étudiants comme la peste ! Pourquoi tant de haine ? Tout simplement parce que cette jeunesse me rend chèvre ! A même pas trente ans, ils me donnent déjà des palpitations ! Mais, histoire d’égayer mon propos et de vous donner une petite idée de ce qu’ils me font vivre au quotidien, voici une petite description en toute subjectivité de l’étudiant type d’aujourd’hui…

  • L’étudiant ne sait pas attendre : il veut tout, tout de suite car, sachez-le chers lecteurs, toute demande de sa part est toujours urgente [ha ça oui, quand on s’y prend toujours à la dernière minute]. Alors quand toi, sale fainéante de secrétaire qui ne fout rien de tes journées à part rigoler avec tes collègues, tu lui réponds que les 15 documents demandés seront prêts pour le lendemain matin, parce que là tu es justement occupée à gérer d’autres demandes urgentes, il boude… [fort].
  • L’étudiant ne sait pas lire : la jolie pancarte sur ta porte qui indique gentiment qu’en dehors des heures de permanence, le bureau est “fermé” n’est pas purement décorative mais ça, l’étudiant ne l’a pas encore compris, alors il ne la lit pas. Et comme il est pressé [cf. point précédent], il tambourine à la porte qui refuse de s’ouvrir à lui. Et si, par malheur, l’une de nous abdique et décide d’aller voir pourquoi l’énergumène menace de défoncer notre porte, elle a généralement droit à un fâché : “Je sais bien que c’est fermé [ha donc, il a lu, c’est déjà ça] MAIS j’ai “juste” une petite question …” Question dont la réponse, dans 80% des cas, se trouve inscrite dans son dos, sur les valves…
  • L’étudiant ne t’écoute pas quand tu lui parles : à l’inscription, tu passes environ une demi-heure avec lui [oui, oui, on dirait pas comme ça mais en réalité, on a le sens de l’accueil] où tu lui expliques en long, en large et en travers où il peut trouver les différentes infos utiles, à quoi servent les documents que tu lui remets, etc. Le même bonhomme se pointera d’office à la permanence du secrétariat en posant les questions auxquelles tu as déjà répondu ou pire, pour réclamer tel document “parce que la dame de l’inscription” ne le lui a pas donné. Et évidemment, en voyant le dit papier, il fera le coup du “Ho c’était ça ?! Ha ben en fait, si, je l’avais mais comme je savais pas ce que c’était, je l’ai jeté !” … [Et toi, pendant ce temps-là, tu tentes de ne pas lui envoyer l’agrafeuse à la figure parce que la “dame de l’inscription”, c’était déjà toi…]
  • L’étudiant est devenu un assisté qui ne sait pas se débrouiller sans papa et maman : il a beau être majeur et vacciné, il ne sait pas se prendre en main. Alors, tu ne comptes plus le nombre de parents qui appellent ou qui viennent carrément jusqu’à la permanence pour récupérer “le papier pour la STIB du gamin, parce qu’il est en cours, vous comprenez, alors il n’a pas le temps de passer chez vous…” . Sauf que souvent, le “gamin” n’a pas déposé le document, remis à l’inscription, qui autorise papa et maman à retirer ses infos personnelles à sa place… Du coup, quequette-bourricot, on ne donne rien ! Z’imaginez bien que le parent n’est généralement pas très heureux : on est vraiment des chieuses, on aime bien embêter le peuple, c’est bien connu.
  • L’étudiant n’accepte pas la contradiction : que ce soit parce que l’information que tu lui donnes ne lui plait pas, parce que tu lui dis qu’il a raté/ne peut plus se réinscrire pour la troisième fois dans la même année/ doit payer ses frais d’inscription avant telle date/ … Si l’information ne lui sied pas, il s’encourt immédiatement chez le directeur ! Parce que ce n’est quand même pas une petite secrétaire qui va lui dicter ce qu’il doit faire ! Et pour être sûr d’être entendu, il s’accompagne de papa/maman, on ne sait jamais, des fois qu’il se perdrait en chemin…
  • L’étudiant ne vient pas aux rendez-vous que tu lui fixes : ben oui, tu penses bien, il a oublié/ il a eu une intoxication alimentaire “qui lui a filé des boutons plein la gueule même que c’était pas beau à voir” [elle date de lundi celle-là]/ il a la gueule de bois/ son chien est mort/ … Bref, vous avez compris. Et bien entendu, cela ne lui vient pas à l’idée de te prévenir [de toutes façons, t’es quand même là, avec ou sans lui, alors qu’est-ce que ça change ?!] ou alors il t’envoie un mail trois jours plus tard, au cas où tu n’aurais toujours pas compris qu’il ne viendra pas.
  • L’étudiant … on va s’arrêter là pour aujourd’hui, je pense que vous avez déjà une bonne idée du tableau !

Ajoutez à tout cela : 

  • un Ministre de l’enseignement qui pond des Décrets qu’il ne comprend pas lui-même, qui se contredisent les uns, les autres et qui sont impossibles à mettre en place dans les délais impartis [non, je ne vise absolument personne… pas même Monsieur Marcourt] ;
  • le système de vérification de la Communauté française [non, je ne dirai pas Fédération Wallonie-Bruxelles] hyper pointilleux, qui est prêt à te refuser n’importe quel dossier sous prétexte que le titre est surligné en bleu alors qu’il aurait dû l’être en rouge ou que le point final fait un demi millimètre de trop… Oui, je caricature mais parfois, on s’en approche ! Un jour, si j’ose, je lui dédierai un article entier histoire de vous faire rire… ou pleurer. Mais je vais peut-être attendre d’avoir changé de boulot, sinon ça pourrait être dangereux ! Sait-on jamais qu’il y en aurait un de leurs émissaires qui se cacherait parmi vous… ;
  • des collègues qui “burnoutent” ou tombent malades, faisant augmenter mon quota de permanences hebdomadaire ;
  • des promesses de révision de fonction qui tardent à se mettre en place [oui, un jour, je pourrais faire des trucs cool au boulot, les “chefs” me l’ont promis, faut juste espérer que cela se fera avant l’âge de la retraite].

Vous comprendrez donc que ce cocktail détonant ait parfois bien du mal à passer ! Du coup, chaque jour qui passe, mes aigreurs d’estomac ne font qu’augmenter, me transformant peu à peu en une ourse mal léchée, prête à mordre dès que le moindre étudiant passe la porte du secrétariat. Je cherche donc une solution miracle pour retrouver le pays des Bisounours et éloigner cette vieille secrétaire revêche qui prend doucement possession de mon corps. Pour l’instant, la seule solution que j’ai trouvé, c’est d’aller régulièrement manger des fruits [aromatisés à la sangria] avec Superpoule en critiquant allègrement toute cette jeunesse qui ne respecte plus rien ! Et grand dieu, ça fait du bien !

D’autres idées à me suggérer ?!

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