Prix des Lecteurs Livre de Poche 2018 : sélection de mars

Salut !

C’est le retour de la Sélection du Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Encore une fois, l’expérience a été relativement peu concluante : je me suis ennuyée sur le premier roman, j’ai souffert pour comprendre où m’emmenait le second et j’ai terminé par une lecture “moui mais sans plus” dont les personnages avaient une fâcheuse tendance à me faire lever les yeux au ciel… Bref, ce n’est pas ce mois-ci que je sélectionnerai mon coup de cœur de l’année ! Allez, je vous en parle plus en détails, pour que vous puissiez vous aussi vous faire une petite idée…

La mélodie de la boutique de Sung de Karin Kalisa

Dans ce qui fut Berlin-Est à une certaine époque, l’école dans laquelle est scolarisé Minh organise une journée de la diversité pendant laquelle les enfants étrangers doivent présenter un objet provenant de leur pays d’origine. Minh se fait accompagner par sa grand-mère pour présenter une marionnette. C’est le point de départ d’une petite révolution dans le quartier.

Je n’ai pas vraiment accroché à ce court roman dont le sujet me semblait pourtant prometteur. Il vise à raconter l’immigration des ouvriers vietnamiens en Allemagne de l’Est et leur difficile intégration. Je n’étais pas au courant de l’existence de cette immigration massive organisée par l’Etat est-allemand dans les années 70-80. J’ai donc aimé découvrir ce pan de l’histoire. Mais malheureusement, cela s’arrête là.

Le récit alterne différents points de vue dont, principalement, celui de la grand-mère et du père de Minh. Mais, régulièrement, les périodes se mélangent et il devient difficile d’identifier du point de vue de qui l’histoire est racontée.

De plus, j’ai trouvé cette transfiguration de tout un quartier assez peu crédible, ce qui m’a fait me désintéresser assez rapidement du récit. Tout se passe beaucoup trop vite et j’ai du mal à croire que, d’un coup, autant d’habitants puissent venir à s’intéresser à toute une autre culture, uniquement grâce à un spectacle de marionnette et à la bonne volonté d’une prof d’école primaire.

Bref, j’ai terminé ce roman en le lisant en diagonale et uniquement parce qu’il faisait partie de la sélection. Dans le cas contraire, je pense que je l’aurais abandonné après une cinquantaine de pages.

Les douzes portes dans la maison du Sergent Gordon de George Makana Clark

Zimbabwe. On assiste à la mort du sergent Gordon après qu’il ait passé les dernières années enfermé dans une mine de cuivre. Cette histoire retrace, à reculons, l’histoire d’un blanc dont les ancêtres et lui-même savaient lire dans le sang.

Comme vous pouvez le comprendre à la lecture de mon résumé plus que flou, je ne suis pas sûre d’avoir réellement compris cette histoire. J’ai trouvé ce roman vraiment complexe. Au delà du fait qu’il soit structuré à l’envers [c’est-à-dire, qu’il commence par la mort du personnage principal pour nous emmener jusqu’à sa naissance], j’ai surtout eu du mal à m’y retrouver dans l’identification du narrateur. Car, si j’ai bien compris, le narrateur n’est pas le sergent Gordon lui-même mais le détenteur de son histoire. Or, parfois, j’avais l’impression que les deux personnes se confondaient.

L’intrigue en elle-même est difficile à suivre : tout se passe sur un fond de guerre civile entre les “terroristes” et l’armée du gouvernement mais, là encore, tout reste flou. On ne fait que croiser les protagonistes, parfois on vit l’une ou l’autre scène de guerre, mais jamais les intentions et les convictions des deux parties ne sont expliquées. Pour qui ne connaît pas l’histoire du pays, c’est pas évident.

Enfin, le roman laisse la part belle aux histoires que l’on se raconte pour passer le temps ou aux croyances quelque peu ésotériques. Il nous donne un aperçu de cette culture méconnue par les Occidentaux et c’est, je pense, les seuls moments qui m’ont plu durant cette lecture.

Il s’agit d’un roman très sombre, dense, qui ne se laisse pas appréhender facilement. Même si je ne l’ai pas aimé, je ne peux nier qu’il possède de certaines qualités littéraires, notamment dans le style de l’auteur. A lire en connaissance de cause, donc.

Le dernier des nôtres d’Adelaïde de Clermont-Tonnerre

New York 1969 : Werner, jeune promoteur immobilier arrogant et batifoleur croise la route de Rebecca, dont il tombe furieusement amoureux. Dresde, 1944 : une jeune femme meurt en donnant naissance à un petit garçon, quelques minutes avant que le bâtiment dans lequel elle se trouve ne s’effondre. Entre ses deux moments, un même protagoniste : Werner. Qui est-il ? Comment est-il arrivé jusqu’à New York ? C’est ce que ce livre nous raconte.

La particularité de ce roman, c’est qu’il suit les aventures de Werner à deux époques différentes. Lorsqu’on le suit enfant, le récit se fait à la troisième personne du singulier tandis que les chapitres où il est adulte sont écrits depuis son propre point de vue. Cela donne l’impression de suivre deux histoires différentes.

Cette histoire, c’est celle de la construction d’un homme qui a grandi sans rien savoir de ses origines et qui décide de conquérir le monde puisqu’il a l’impression de s’être élevé tout seul. Il est arrogant, particulièrement imbu de sa personne mais aussi, terriblement macho [bref, il a tout pour plaire]. Alors qu’il découvre, une fois adulte, que ses géniteurs ont peut-être commis des atrocités envers certains de ses proches, son monde s’écroule…

Le lecteur, en suivant les deux histoires en parallèle, apprend les choses plus rapidement que Werner mais ne découvre le fin mot de l’histoire qu’à la toute fin, en même temps que lui. Cela donne une certaine tension au récit, qu’on a du mal à lâcher durant les derniers chapitres. Néanmoins, il faut avouer qu’on voit certaines choses arriver un peu vite…

Mais avant ces derniers chapitres qui tiennent en haleine, j’ai eu plusieurs fois envie de lâcher mon bouquin : les personnages sont tous assez détestables [exception faite, peut-être, de Marcus qui relève un peu le niveau]. Ce sont soit des enfants pourris gâtés, soit de parfaits psychopathes. Dans tous les cas, l’argent n’est pas un problème pour eux et j’ai trouvé cela presque indécent de les voir claquer leur fric aussi facilement pour des broutilles. D’autant plus que je trouve qu’il leur tombe dessus un peu trop facilement [caricature du rêve américain].

De manière générale, j’ai trouvé que les événements s’enchaînaient de façon peu crédible et artificielle. De même, j’ai eu beaucoup de mal à adhérer à cette relation vaudevillesque entre Werner et Rebecca qui manquait, elle aussi, clairement de nuances.

Même s’il s’agit de ma sélection pour ce mois de mars, vous aurez compris que je n’ai pas été pleinement convaincue par ce roman. J’espère sincèrement que le mois d’avril viendra m’apporter de bonnes surprises car, actuellement, je suis assez déçue de l’expérience.

Et vous, quel titre vous tente le plus dans cette sélection ?!

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