Maine de J. Courtney Sullivan

J’ai découvert J. Courtney Sullivan, il y a un peu moins de deux ans avec Les Débutantes qui avait été un véritable coup de cœur. Même si Maine ne m’a pas autant emballée que le précédent, j’ai été heureuse de me laisser embarquer dans cette jolie saga familiale.

Couverture de Maine de J. C. Sullivan

La maison de famille dans le Maine, c’est à peu près la seule chose que les Kelleher ont en commun. Chaque année, depuis 60 ans, tous se retrouvent dans ce cottage pour profiter de la plage et des belles journées d’été. Kathleen, Ann Marie et Maggie ne le savent pas encore mais elles y passent, cette année-là, leur dernier séjour. Alice, la matriarche revêche et unique propriétaire du cottage a décidé de léguer cette grande maison à la paroisse locale. Et si c’était l’occasion, pour chacune, de remettre en perspective ce qu’elles ont vécu ici et de mettre un terme aux nombreuses querelles et incompréhensions qui enveniment régulièrement leurs relations ?!

Dans Maine, l’auteure reprend le même principe que dans Les Débutantes en nous faisant suivre l’intrigue à travers les yeux de quatre femmes, chacune vivant les événements à sa manière. Quatre femmes, trois générations, qui nous permettent de suivre l’évolution du statut de la femme à travers le XXe et le début du XXIe siècle. Une fois encore, la psychologie des personnages est particulièrement fouillée. Chacune doit lutter contre ses démons pour tenter d’avancer dans sa relation avec les autres et passer un agréable séjour.

J’ai aimé suivre les réflexions d’Alice, même si le personnage de cette femme égoïste et alcoolique ne me plaisait vraiment pas. En effet, c’est surtout grâce à son histoire et à la comparaison que l’on peut en faire avec celle des autres Kelleher que l’on comprend l’évolution des mœurs et des mentalités. Elle témoigne des sacrifices endurés par les femmes de sa génération pour coller à l’image que la société avait de l’épouse idéale.

Contrairement au précédent roman, je ne me suis pas véritablement identifiée à l’une de ces quatre femmes, bien que ce soit de Maggie que je sois la plus proche. Ann Marie m’a longuement irritée par son côté trop parfait mais, comme Kathleen, ce qu’on y découvre à la fin du roman m’a aidée à l’apprécier davantage.

Un autre thème récurrent dans Maine est celui de l’alcoolisme et du rôle que cette maladie a joué dans leurs vies. J’ai beaucoup aimé le traitement qui en a été fait et particulièrement le fait que l’auteure témoigne que, tant que le choix d’arrêter ne vient pas de l’alcoolique lui-même, celui-ci retombera dans ses travers dès que ce qui l’empêche de boire aura disparu de son chemin. Kathleen est intéressante à ce niveau car ses choix de vie et ses tourments témoignent du fait qu’on est jamais totalement libéré de cette addiction.

Un très bon roman donc, mais aussi un beau pavé (594 pages) qui vient s’ajouter à Viscères pour mon défi de février !

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