Je suis interdite d’Anouk Markovits

Parlons aujourd’hui d’un roman qui a assez peu fait parler de lui mais dont la critique très positive de Bianca, il y a près d’un an avait attiré mon attention : Je suis interdite d’Anouk Markovits. Je n’ai donc pas hésité quand je l’ai croisé dans les rayonnages de mon dealer habituel.

Je suis interdite d'Anouk Markovits

Transylvanie, 1939-1942. Mila est une toute petite fille lorsqu’elle assiste à la mort de ses parents, membres de la communauté juive hassidique, assassinés par la folie nazie. Mila est sauvée de justesse par Josef, lui aussi orphelin, qui la mène jusqu’à Zalman Stern, un ami de ses parents, haut placé dans la communauté. Zalman élève Mila auprès de sa propre fille, Atara, et des ses autres enfants. Les deux fillettes sont inséparables jusqu’au moment où l’une d’entre elles va commencer à remettre en question la tradition dans laquelle Zalman les enferment. Et si la vie extérieure aux préceptes ultraorthodoxes méritait, elle aussi d’être vécue ? Cela serait-il compatible avec la vision d’avenir que Zalman a prévu pour Mila, Josef et Atara ?

Ce roman m’a énormément surprise, notamment par son thème principal qui ne correspondait pas à l’idée que je m’en étais faite. Dans Je suis interdite, nous suivons une famille juive hassidique au fil de son exil. Cette communauté est très traditionnelle : je n’y connaissais pas grand chose de la religion juive mais ce que j’en ai découvert par le biais de ce roman m’a glacé le sang ! Bien sûr, il s’agit d’une branche extrême de la religion, j’en suis bien consciente. Dans cette communauté, les Juifs n’ont d’autre but dans la vie que le retour du Messie. Tous leurs actes sont réalisés de manière à tendre vers ce but : ils doivent respecter au mieux les écritures pour parvenir à mettre au monde celui qui incarnera le retour du Messie. Dans cette optique, les hommes passent leur jeunesse, de l’enfance à l’entrée dans l’âge adulte, à étudier la Torah [et toutes les autres écritures qui y sont liées] tandis que les filles se préparent à devenir de parfaites femmes au foyer/poules pondeuses [oui, en ce moment mes lectures ont l’air de titiller ma fibre féministe]. Tout ce petit monde ne vit qu’en vase clos : il est interdit de fréquenter des goys ou pire, des sionistes [les juifs hassidiques sont opposés à la création de l’Etat d’Israël qui va retarder l’arrivée du Messie, d’après ce que j’ai lu dans ce roman].

C’est dans ce contexte qu’on voit évoluer Mila et Atara. Tandis que l’une commence à questionner le bien fondé de ces préceptes, l’autre se plonge à corps perdu dans la religion, étant persuadée que cela fera revenir ses parents. Ce fossé se creuse de plus en plus, jusqu’à la séparation. Mais finalement, celle qui transmet la plus grosse transgression n’est peut-être pas celle qu’on croit. Il est intéressant de voir l’évolution de ces deux jeunes filles, leurs craintes par rapport à l’avenir qui les attend au sein de la communauté, leur préparation à la vie d’épouse, etc. Le roman se déroule sur quatre générations donc nous les suivons également une fois arrivées à l’âge adulte, ayant eu ou non des enfants.

J’ai eu beaucoup de mal à adhérer à cette lecture : la vie de la famille Stern est sans doute bien trop éloignée de ce que mon esprit quasi athée peut supporter. C’est aussi un roman qui monter à quel point la pression d’une famille ou d’une communauté peut être forte et difficile à accepter mais qu’importe les différences, le prix à payer pour se libérer de ce carcan est tout de même extrêmement fort.

Finalement, je suis assez mitigée face à ce roman qui m’a trop souvent exaspérée ou mise mal à l’aise pour que je l’apprécie réellement.

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