Le Gang des rêves de Luca di Fulvio

Le Gang des rêves a beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie, il y a environ deux ans : les avis positifs pleuvaient de toutes parts, ce qui m’a bien évidemment poussée, en bonne blogueuse influençable que je suis, à l’inscrire sur ma wishlist de Noël/Anniversaire. Maintenant qu’il est enfin lu, je viens enfin vous en parler !

Résumé

Cetta Luminata a 15 ans lorsqu’elle quitte son Italie natale pour rejoindre New York où elle espère offrir une vie meilleure à son tout jeune fils, Christmas. Elle y découvre assez rapidement la vérité sur ce rêve américain qui ressemble davantage à un cauchemar pour les immigrés pauvres fraichement débarqués sur la Grande Pomme. Cetta élève son fils en priant pour qu’il reste éloigné des gangs, de la mafia et de la drogue pour pouvoir être un jour considéré comme un “vrai Américain”.

A 13 ans, Christmas fait la rencontre d’une jeune juive, très riche, dont il tombe éperdument amoureux. Ruth devient alors la raison qui va pousser Christmas à tout mettre en œuvre pour changer sa condition et devenir digne de son amour.

Ce que j’en ai pensé ?!

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui nous plonge directement dans ce que la vie peut nous proposer de plus ignoble !

Au premier abord, on pourrait être tenté de croire que l’auteur n’aime pas les femmes tant les situations qu’il leur fait vivre sont peu enviables : agression, viol, prostitution, violence conjugale, … Rien ne leur est épargné ! Mais Luca di Fulvio nous fait voir des personnages féminins d’une force incroyable, qui ne se laissent pas détruire par la violence ou l’avilissement que leur opposent les hommes qui croisent leur route. L’exemple le plus flagrant est bien sûr celui de Cetta qui parvient à conserver sa nature optimiste malgré les difficultés auxquelles elle ne cesse d’être confrontée. Tout en restant lucide sur sa condition, elle s’émerveille des petits bonheurs du quotidien sans laisser la noirceur du quartier entacher le cocon familial qu’elle a construit pour son fils. Sous ses airs naïfs, elle se révèle fine psychologue, décodant les comportements des hommes qui l’entourent sans se trahir, notamment ceux de Sal, le mentor bourru et sanguin qui l’a prise sous son aile à son arrivée à New York. Ruth, également, est un personnage qui force l’admiration même si elle semble plus fragile : elle doit faire face au traumatisme qu’elle a subi tout en s’échappant du carcan dans lequel ses parents ont tenté de l’enfermer, pour respecter les convenances.

Ce roman offre également un bel hommage à des femmes qui sont généralement dénigrées, que ce soit dans la vie réelle ou fictionnelle : les prostituées. Ici, elles retrouvent une certaine dignité par les actions qui leur sont assignées mais aussi par le regard que portent sur elles, leurs enfants.

Mais, Le Gang des rêves, c’est surtout une incroyable aventure ! Celle d’un jeune garçon qui adore raconter des histoires et se sert de ce talent pour évoluer dans le monde sans concession de la mafia. Il risque à plusieurs reprises de se brûler les ailes mais s’obstine à vivre selon les valeurs de respect et d’intégrité que sa mère lui a inculquées. Christmas est un adolescent brillant, bourré d’imagination et de gouaille qui va réussir à s’élever grâce à son talent. Il est touchant et on ne peut s’empêcher de trembler pour lui lorsqu’il défie les parrains de la mafia.

Par contre, je ne peux clôturer mon billet sans insister sur un aspect du roman auquel je ne m’attendais pas spécialement et qui pourrait en rebuter certains : la violence qu’il contient. Celle-ci est inhérente au milieu dans lequel évoluent les personnages mais elle devient encore plus insoutenable lorsque nous suivons un protagoniste en particulier : Billy. Ce jeune homme, traumatisé par les maltraitances répétées qu’il a subies durant toute son enfance et son adolescence, est devenu un véritable psychopathe. Or, il est l’une des figures principales de ce roman, sa vie étant intimement liée à celle de Ruth. A lui seul, Billy représente une grande part de ce que les hommes peuvent faire de pire, surtout aux femmes.

Enfin, sachez que dans ce livre, le narrateur fait souvent référence à Jack London et, plus particulièrement, à l’un de ses titres les plus connus : Martin Eden. Christmas s’y identifie à plusieurs reprises, ce qui m’a poussée à m’y intéresser. Après avoir lu Martin Eden [petit teasing du prochain article lecture, en somme], je remarque qu’il y a de nombreux points communs entre les deux intrigues ce qui me fait penser qu’il s’agit ici d’un joli clin d’œil que Luca di Fulvio a voulu faire à London en proposant toutefois à son propre personnage un avenir moins tragique.

Vous l’aurez compris, ce roman n’est pas à mettre entre les mains des plus sensibles mais je ne peux que vous le conseiller si vous recherchez une jolie histoire d’amour, pleine d’aventures, qui vous fera plonger dans ce que le New York du siècle dernier avait de plus sombre.

Infos pratiques

  • Titre : Le Gang des rêves
  • Auteur : Luca di Fulvio
  • Édition : Pocket, 2017
  • Nombre de pages : 945 pages
  • Genre : contemporain
  • Challenge : cette briquasse entre tout à fait dans le challenge un pavé par mois de Bianca
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