Lecture

Il était une fois en France de Fabien Nury et Sylvain Vallée

Mieux vaut tard que jamais, je me suis enfin plongée dans la saga que Chéri me conseillait de lire depuis des mois [années?] : Il était une fois en France de Fabien Nury et Sylvain Vallée.

Il était une fois en France

Paris – 1925, Joseph un petit ferrailleur roumain, illettré mais incollable lorsqu’il s’agit de détecter un métal de valeur parvient à se faire embaucher chez l’oncle de sa femme. Petit à petit, il mène sa barque, prend de l’ampleur et en vient à racheter l’entreprise à l’oncle, qu’il congédie. Tout le quartier [et bien plus] se fournit dorénavant chez Monsieur Joseph, qui se fait même approcher par les Allemands, très intéressés par ce ferrailleur peu regardant des mœurs de ses clients. Lorsque la guerre éclate, Monsieur Joseph peut compter sur ses bonnes relations avec des officiers haut placés dans le Reich qui lui assurent leur protection [il est peut-être juif mais il est plus utile vivant que mort ou enfermé dans un camp]. Accusé de collaborer, il tisse des liens tant avec les officiers allemands, les policiers français, les mafias de tous pays qu’avec les résistants. Toujours soucieux d’avoir un coup d’avance sur ses ennemis, il est prêt à tout pour survivre avec sa famille dans cette France occupée. 

Mais, une fois la victoire arrivée, il est temps pour Monsieur Joseph de rendre des comptes. Ses appuis auprès de la Résistance auront-ils été suffisants pour faire oublier ses trop bonnes relations avec les SS ?! Sur qui peut-il réellement compter ? Et qui est ce petit juge de Melun, prêt à tout pour le faire tomber ?! C’est dans cette histoire pleine de rebondissements que nous allons entrer ! 

Il était une fois en France s’inspire d’un personnage ayant réellement existé : Joseph Joinovici, ferrailleur juif qui a collaboré avec les Allemands, soutenu la Résistance et qui fut soupçonné d’être un espion du Komintern. La réaité se mélange donc à la fiction puisque la plupart des personnages cités ont réellement existé.

Cette saga passionnante nous entraîne dans un pan de la Seconde Guerre mondiale qui m’était encore fort inconnu. Bien sûr, il est de notoriété publique que nombre des grandes entreprises de l’époque ont collaboré de près ou de loin avec l’Allemagne nazie et que la guerre leur fut plutôt bénéfique. Mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de me pencher sur les enjeux et les fonctionnements de ce genre de relations. Dans cette intrigue, Fabien Nury nous fait ressentir la tension perpétuelle dans laquelle se trouve Monsieur Joseph, toujours à l’affût du moindre signe de trahison de la part de l’un de ses partenaires. Nous découvrons alors comment un homme dont l’envie première était seulement de mettre sa famille à l’abri du danger va être capable de commettre [ou dans son cas, souvent, de faire commettre] des actes abominables pour assurer sa position.

Difficile de détester ce Monsieur Joseph grâce à qui des centaines de personnes ont échappé à la folie meurtrière des Allemands. Mais il est également peu évident de cautionner ses actes et de tous les lui pardonner. Et que penser de sa façon d’aimer sa famille ou sa maîtresse ?! Comment ne pas comprendre Éva qui refuse finalement ses marques d’attention malgré tout l’amour qu’elle éprouve pour lui ? Comment ne pas prendre Lucie en pitié, prête à tout pour protéger Joseph, sa femme et ses filles en sachant qu’elle ne sera toujours que la quatrième dans son cœur ?! Enfin, jusqu’où faut-il aller pour faire triompher la justice ? Faut-il arrêter quand tout le monde vous dit que votre combat est vain ?! C’est la question qu’aurait sans doute dû se poser le petit juge de Melun.

J’ai véritablement dévoré cette série tellement je voulais en connaître le dénouement ! Cependant, si vous êtes du genre à ne pas savoir retenir un trop grand nombre de personnages, je vous conseillerais de lire les 6 tomes de manière assez rapprochée ! En effet, ils foisonnent de personnages qui parfois se ressemblent beaucoup mais dont les rôles sont bien différents : il peut alors vous arriver de les confondre ou de ne pas les reconnaître. Or, chacun a une place importante sur cet échiquier et vous risqueriez rapidement de vous y perdre.

Vous l’aurez compris, je vous conseille chaudement cette lecture ! Fabien Nury détient un véritable talent lorsqu’il s’agit de monter des intrigues ! Pour rappel, c’est lui qui a également scénarisé Silas Corey.

Un commentaire

Si vous souhaitez me laisser un petit mot...

%d blogueurs aiment cette page :